106e CONFÉRENCE INTERNATIONALE DU TRAVAIL DE L’OIT – Philippe Martinez plaide pour le respect des conventions internationales

 

Philippe Martinez s’est exprimé depuis la tribune des Nations Unies à l’occasion de la 106ème Conférence Internationale du Travail de l’OIT.
Ce déplacement a été l’occasion pour le Secrétaire général de la CGT d’évoquer la situation préoccupante en France en matière de respect des conventions internationales du travail et du pacte des Nations Unies sur les droits économiques, sociaux et culturels. Revenant sur les réformes récentes du code du travail et anticipant sur celles annoncées, il a ainsi pointé les violations que les mesures déjà mises en œuvre ou envisagées produisent par rapport aux droits fondamentaux.
Cette intervention a également été placée sous le signe de la « solidarité des travailleurs de France avec toutes celles et tous ceux, militantes et militants syndicaux qui, de par le monde, sont entravés dans leurs libertés et soumis à la répression » ; l’occasion d’un soutien appuyé aux travailleurs de Palestine occupée, de Corée du Sud, de Turquie et du Brésil.
Le Secrétaire général de la CGT a profité de ce déplacement pour rencontrer un grand nombre de leaders syndicaux et signer un accord de partenariat avec plusieurs organisations syndicales de pays du Sud : Gefont du Népal et Zenroren du Japon.
Enfin, c’est également aujourd’hui que Bernard Thibault a été réélu membre du groupe des travailleurs, au sein du Conseil d’administration pour une durée de 3 ans. Cette candidature découle d’un accord signé entre les affiliés français de la Confédération Syndicale Internationale.

Dématérialisation à outrance ou le « sévice public »…

Selon une étude récente 57% des Français jugent nécessaires de conserver des services publics de proximité, quitte à augmenter les impôts si cela s’avérait nécessaire.

Le Défenseur des droits a révélé l’impact négatif de la dématérialisation des services publics sur les usagers les plus fragiles. 16% des Français n’ont pas internet et 21% ne sont pas à l’aise pour l’utiliser.

Les Maisons de services au public (MSAP) sont des outils de mutualisation des services publics basés sur la transition numérique. Un cache-misère à la fermeture des services publics dans les territoires, estime la CGT qui s’y oppose.

ASSURANCE CHÔMAGE: Enfin une (petite) revalorisation des allocations…

 

Le conseil d’administration de l’Unedic s’est réuni lundi 19 juin. À cette occasion, nous avons enfin pu avoir connaissance d’une étude d’impact plus complète de la convention du 28 mars 2016, non signée par la CGT. Les chiffres confirment que les privés d’emploi ont payé un lourd tribut avec 930 millions d’euros d’économies supportées par eux seuls à partir du 1er novembre 2017 : • 550 millions par les travailleurs précaires – soit 2 millions de personnes qui alternent petits boulots et chômage – dont les allocations ont été nivelées par le bas. 810 000 personnes ont perdu jusqu’à 30 % d’indemnité, dont plus de la moitié (437 000) sont celles et ceux qui perçoivent une allocation inférieure à 1000 euros mensuels ; • 37 000 chômeurs âgés de 50 à 55 ans perdent un an d’indemnisation (les 50­52 ans) ou 6 mois (les 53­54 ans) ; au total ce sont 400 millions euros d’économie réalisés sur le dos des seniors, tout en prétendant les aider à retrouver du travail ! Dans ce contexte et celui des réformes envisagées par le gouvernement pour le 1er janvier 2018, la revalorisation des allocations, discutée chaque mois de juin, a pris une importance particulière. À l’appel de la CGT, notamment des comités de privés d’emploi et précaires et de l’intérim, un comité d’accueil des délégations patronales devant l’Unedic a exigé une augmentation après 3 années de disette. Plusieurs actions ont également eu lieu en région devant les agences de Pôle emploi. En construisant une démarche syndicale commune, la CGT a obtenu une augmentation, certes très modeste, de 0,65 %. La CGT rappelle, néanmoins, que les privés d’emploi sont en droit de réclamer 10 % de revalorisation et que l’assurance chômage ne remplit pas son office : 56 % des privés d’emploi ne perçoivent pas d’indemnités. Les représentants CGT ont décidé de voter cette augmentation de 0,65%, permettant ainsi de revaloriser à hauteur de 180 millions d’euros les indemnités versées à tous les allocataires indemnisés. La CGT sera vigilante auprès de toutes celles et tous ceux que le chômage concerne pour exiger une réforme du système qui garantisse un revenu de remplacement pour toutes et tous, à travers une complète sécurité sociale professionnelle.

Pôle emploi perd son ADN

Dans sa course à la dématérialisation, Pôle emploi revoit  son  organisation,  quitte  à  sacrifier ses métiers de base : l’accompagnement et l’indemnisation.
La digitalisation à Pôle Emploi pose des problèmes parce que les chômeurs ont tendance à être parmi les principales victimes de la fracture numérique. Mais tant pis pour eux, l’Etablissement fonce, on y va à fond sur les MSAP.
Alors qu’une loi oblige la Poste à conserver 17.000 points de contact, il n’existe pas une loi obligeant Pôle Emploi à conserver ses points de contact actuels…

Le 6 mars, des milliers d’agents de Pôle emploi ont manifesté en France. En cause notamment, le « Projet stratégique 2020 » de la direction qui mise sur le tout numérique, la poursuite de l’externalisation et de la privatisation des missions, la réorganisation permanente de l’accueil…
Des orientations qui remettent en cause les métiers et dégradent la qualité du service. Suivant ainsi une logique toujours plus poussée de mise à distance des demandeurs d’emploi via l’automatisation des procédures dès l’inscription, la fermeture des agences l’après-midi ou la segmentation des publics, selon que l’opérateur les estime plus ou moins éloignés de l’emploi. Un secteur, en particulier, est visé par l’accord de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, signé fin 2016 : celui de l’indemnisation.
« Petit à petit, le métier est vidé de son contenu », témoigne Patrick, conseiller depuis quinze ans. Une spécialisation jugée en décroissance : deux à trois mille agents sont priés de se reclasser dans l’accompagnement, d’ici deux ans. Engagé avec l’externalisation des activités à faible valeur ajoutée (saisie des bulletins de salaire ou des attestations employeur), le processus s’est poursuivi avec l’automatisation du calcul des droits. Problème, il suffit d’une erreur dans l’attestation de l’employeur ou dans le parcours renseigné par le demandeur d’emploi pour que cela fausse le montant de l’indemnité ou retarde le traitement du dossier. Générant des tensions, des rancœurs, parfois de la violence de la part des usagers.
Or, le risque d’erreur est élevé au regard du nombre important de personnes qui enchaînent les contrats précaires sous des statuts différents. « C’était plus simple quand on recevait les gens. On les questionnait sur leurs emplois,  on  savait  quels  documents étaient nécessaires pour traiter leur dossier et calculer leur taux au mieux. Là, la machine ou l’employé de l’entreprise sous-traitante ne peut pas le deviner s’il n’a pas été formé », explique Jacques, d’une agence de Lyon.
Deux logiques semblent  prévaloir :  l’une  selon  laquelle le demandeur d’emploi serait responsable du chômage et l’autre qui voudrait que l’action du conseiller se mesure  à  l’aune  d’une  performance individuelle.  « Le  contact  humain,  les notions de projet, de démarche partagée, qui sont au cœur de la relation entre le  conseiller  et  le  demandeur  d’emploi, tendent  à  s’effacer »,  déplore  Nadine, formée à la double compétence. « Sur l’indemnisation, on gère les attentes. On tente de voir ce qui bloque les dossiers. Sur l’accompagnement, cela se résume à fournir de la main-d’œuvre aux secteurs en tension. C’est frustrant. » Le comble étant  Bob  emploi,  une  plateforme  de données censée proposer un accompagnement sur mesure, qui se révèle être un banal moulin à statistiques.
« Je suis entrée à l’époque de l’ANPE avec l’envie de travailler auprès de gens en difficulté, de les écouter, d’envisager avec eux les réponses adaptées à leur situation, se souvient Valérie. Aujourd’hui, tout est fait pour casser l’outil Pôle emploi et se passer des conseillers. La direction considère qu’elle gère des clients. Et se dit à leurs côtés pour réussir. Mais tout ça est de plus en plus virtuel. »

Cliquer ici pour lire un extrait d’un rapport conjoint IGF-IGAS (Inspection Générale des Finances, Inspection Générale des Affaires Sociales) de février 2017.

Accord QVT: de qui se moque le DG ?

Pourquoi proposer un accord Qualité de Vie au Travail ?
Que sont les « observations de la relation de service » ?
De qui se moque le DG qui, comme d’habitude s’assoit sur l’avis des représentants du personnel, exprimé en Comité Central d’Entreprise le 2 mars 2017 ?

Pour lire le tract cliquer ici

Trajectoire GDD: malgré les expertises, la Direction déroule son plan social interne…

Les expertises dans les trois territoires ont été rendues, les CHSCT et le CE consultés. A l’issue de ces consultations la conception que se fait l’Etablissement du « dialogue social » est particulièrement claire: la Direction s’assoit sur les préconisations de l’expert, les résolutions, les déclarations et les votes des élus. Elle déroule son plan social interne comme si de rien n’était.

Suite aux expertises, la preuve est faite que l’activité GDD n’a pas décru depuis la mise en place de NPDE. Bien au contraire les dysfonctionnements massifs de la digitalisation causent un surcroît de travail pour les agents GDD qui doivent réparer les erreurs signalées par les demandeurs d’emploi. Tout laisse à penser que de nombreuses erreurs de la digitalisation ne sont pas détectées, ce qui amène des privés d’emploi à être lésés dans leurs droits.
Les agents GDD doivent pouvoir effectuer correctement le travail pour lequel ils ont été recrutés et formés, et ce dans les meilleures conditions pour eux et pour un résultat de qualité au bénéfice des usagers.
Aucune machine ne pourra jamais remplacer des agents formés, et expérimentés.
Le rapport conjoint de l’IGAS et de l’Inspection Générale des Finances publié récemment reconnaît que la majorité des demandeurs d’emploi sont en difficulté par rapport à la digitalisation. De façon surprenante, il ne recommande pas d’y mettre fin ni même d’y surseoir. En revanche il nous donne une des clés pour comprendre pourquoi la digitalisation nous est imposée à marche forcée. D’une certaine façon, les agents et les usagers de Pôle Emploi subissent les conséquences d’un détournement de la loi postale de 2010. En effet, cette loi impose à la Poste de conserver ses 17.000 points de contact. Or la Poste cherche à réduire sa masse salariale et ses coûts immobiliers, y compris en faisant financer les salaires des postiers et les locaux qu’elle occupe par d’autres organismes. C’est la raison pour laquelle des bureaux de poste sont transformés en Maison de Service au Public, délivrant un ersatz de service public aux usagers les plus en difficulté avec la digitalisation.
Dès lors on comprend mieux la cohérence des différents chantiers à Pôle Emploi : premièrement contraindre les usagers qui le peuvent à gérer eux-mêmes leur dossier sur internet, deuxièmement confier aux agents des MSAP la saisie des informations concernant les usagers n’utilisant pas internet. La logique d’ensemble, même si elle présente actuellement de nombreux ratés, est bien d’ôter du travail aux agents Pôle Emploi. Le prix à payer est une dégradation importante du service rendu aux privés d’emploi.
Nous ne nous faisons aucune illusion sur les promesses de revoir le plan de restructuration interne – sur lequel nous avons à nous prononcer aujourd’hui – au cas où la baisse d’activité ne serait pas celle qui a été prévue. Les expertises prouvent que la baisse d’activité n’est pas au rendez-vous suite à la mise en place du Nouveau Parcours du Demandeur d’Emploi, pourtant la Direction ne révise pas ses chiffres. Nous ne nous faisons pas d’illusion non plus sur la promesse d’en rester au volontariat. La pression déjà mise sur les agents GDD et double-compétents pour qu’ils se déterminent en fonction de la cible déterminée par les Directions Régionales et Générale prouve que cette promesse n’engagera que celles et ceux qui feraient l’erreur d’y croire.
La CGT Pôle Emploi Grand Est a voté contre le volet 2017 du plan de restructuration interne mis à l’ordre du jour du Comité d’Etablissement sous l’intitulé « trajectoire d’évolution de l’activité indemnitaire de l’établissement Grand-Est ».

Après les GDD, à qui le tour ?

Pour lire le tract « Menu trajectoire GDD », cliquer ici

Pour lire l’expertise territoire Alsace, cliquer ici

Pour lire l’expertise territoire Champagne-Ardenne, cliquer ici

Pour lire l’expertise territoire Lorraine, cliquer ici