Avis de la CGT Pôle emploi sur la généralisation de l’accès à l’E-université

Une fois de plus dans la présentation de ce dossier (CSEC du 3 septembre 2020) la Direction Générale fait sienne de la notion toute patronale « d’employabilité » avec notamment l’utilisation dans le dossier de la formule « Rendre l’agent acteur du développement de ses compétences ».
A l’inverse, la CGT rappelle qu’elle défend et continuera à défendre la qualification qui, elle, appartient à l’agent, alors que la compétence, c’est l’employeur qui la détermine et qui l’évalue de façon unilatérale.
La lecture du catalogue proposé s’avère très inquiétante. Les modules centrés sur les « savoirs être », de la posture, du comportemental sont très largement représentés. Certains relèvent même, de façon non dissimulée, du « développement personnel ».
Pour la CGT, c’est là une « fausse modernité » qui relève en fait, de la part de la Direction Générale, d’une vision rétrograde du travail.
Ce dossier nous aussi interroge aussi sur son lien avec l’évaluation des agents au travers, notamment de l’introduction de « l’approche par compétences dans l’EPA », des dispositifs d’auto diagnostics, d’auto-évaluations et la négociation en cours sur la qualité professionnelle.
A ce titre, le caractère purement complémentaire et facultatif de ce dispositif d’E-université apparaît, pour la CGT, comme très illusoire.
La CGT rappelle aussi que, en dehors des contraintes sanitaires actuelles, les formations doivent pouvoir se dérouler en présentiel au plus près du lieu de vie des agents. La multiplication des dispositifs dit de formation « à distance » ne va clairement pas dans ce sens.
De plus, le fait d’ouvrir l’accès au site en dehors des heures de travail (et donc hors de toute comptabilisation sur l’outil Horoquartz) relèverait, pour la CGT, de travail dissimulé.
La CGT l’affirme : la séparation entre vie professionnelle et vie personnelle est une conquête sociale qu’il faut continuer à garantir. Le maintien et le développement de la qualification des personnels relève d’une obligation de l’employeur qui ne peut et ne doit pas être transférée sur les agents eux-mêmes.
Pour toutes ces raisons, la CGT Pôle emploi et ses éluEs au CSEC émettent un avis négatif sur la généralisation de l’accès à l’E-université.

Pour : CFDT – SNAP : 7
Absention : CGC : 3
Contre : CGT – STC – UGTG – SNU : 9

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Non à la vente de prestations au téléphone ! Oui à un véritable service public de l’emploi respectueux des usagers !

« Allo? Ici la Ministre du Travail… »  (ou le pari de la confiance, ça pique… !)

Depuis le 27 janvier un courrier est envoyé de la part du ministère du Travail aux privés d’emploi relevant du Plan d’Investissement dans les Compétences (PIC) pour les inciter à appeler un numéro vert en vue de demander une formation de leur choix. S’ils appellent ce numéro vert géré par un prestataire, leur conseiller reçoit ensuite l’injonction via Escalade de les inscrire sur une information collective ou à défaut de leur vendre une prestation par téléphone…

On ne saurait être plus méprisant vis-à-vis de notre travail. Nous voici transformés en simples vendeurs de prestations au téléphone. Selon le script préétabli, nous devons :

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FORMATION PROFESSIONNELLE L’AFPA doit vivre et se développer pour répondre aux besoins de formation des salariés en emploi et à la recherche d’emploi !

La Confédération CGT apporte tout son soutien aux personnels de l’Agence nationale pour la Formation Professionnelle des Adultes (AFPA) qui se mobilisent partout dans le pays. Elle appelle à participer à la manifestation nationale unitaire du 6 décembre à Paris pour que vive l’AFPA. Il suffit d’échanger avec des proches, des amis, des voisins, des collègues pour constater que chacun connaît quelqu’un qui, un jour ou l’autre, a eu besoin de l’Agence…

La Confédération CGT apporte tout son soutien aux personnels de l’Agence nationale pour la Formation Professionnelle des Adultes (AFPA) qui se mobilisent partout dans le pays.
Elle appelle à participer à la manifestation nationale unitaire du 6 décembre à Paris pour que vive l’AFPA.
Il suffit d’échanger avec des proches, des amis, des voisins, des collègues pour constater que chacun connaît quelqu’un qui, un jour ou l’autre, a eu besoin de l’Agence. Des centaines de milliers de personnes ont suivi une formation de qualité au sein de l’AFPA.
Aujourd’hui, l’AFPA est mise en danger par des choix gouvernementaux dictés par des considérations idéologiques et financières. Cette casse répond aussi aux injonctions du patronat de ne plus financer la formation professionnelle.
C’est irresponsable socialement et économiquement !
À la demande du Gouvernement, la direction de l’AFPA projette une destruction massive : 38 centres de formation sont promis à la fermeture, 1541 postes en CDI doivent être supprimés.
De nombreux demandeurs d’emploi ne pourraient plus se former, de nombreux citoyens dans les territoires ruraux ; ceux déjà qui manifestent en ce moment car laissés-pour-compte par ce gouvernement se trouveraient encore plus éloignés de toute offre de formation.
Masquée derrière des promesses factices d’innovation et de mobilité, l’AFPA de demain s’orienterait :
•    vers des plateaux techniques mobiles partagés allant d’un lieu à l’autre ;
•    vers des formations montées au moindre coût et donc de moindre qualité ;
•    vers des formations courtes limitées à l’acquisition de compétences plutôt qu’à un métier ;
•    vers une impossibilité à construire un projet professionnel et à se former.
Au contraire, la CGT affirme que l’AFPA est un outil irremplaçable pour répondre aux besoins et au développement harmonieux des territoires :
•    un maillage territorial inégalé qui offre à tous les citoyens la possibilité de se former près de chez eux ;
•    des formations de qualité, menées par des formateurs issus des métiers qui offrent d’excellents taux de retour à l’emploi ;
•    des services d’accompagnement, d’hébergement et de restauration qui facilitent l’accès aux formations ;
•    des formations de haut niveau permettant de répondre à la nécessaire réindustrialisation du pays.
Maintenons et développons ensemble une AFPA forte et utile à tous et mobilisons personnels, stagiaires, salariés, demandeurs d’emploi et citoyens pour le développement de formations de qualité qui favorisent, tout à la fois, l’insertion sociale et le développement économique.
Ne laissons pas détruire un outil au bénéfice de tous, salariés ou demandeurs d’emplois.
Toutes et tous ensemble, nous devons agir : le 6 décembre à 14 heures devant la Gare Montparnasse et partout en France où les mobilisations s’organisent pour défendre les centres AFPA.

Montreuil, le 4 décembre 2018

L’AFPA en péril : suppressions massives de postes et fermetures de centres.

Dès octobre 2017, à l’occasion de l’ouverture de la négociation sur la réforme de la formation professionnelle, la CGT avait la première tiré le signal d’alarme. L’orientation libérale du gouvernement et la marchandisation accrue de la formation au détriment de la construction d’un service public accessible à tous laissait clairement craindre suppressions massives d’emplois et de fermetures de centres, partout en France.

Aujourd’hui nous y sommes, hélas.
Le 18 octobre 2018, la direction générale de l’AFPA et le président de son Conseil d’Administration présentaient en même temps, l’une au Comité Central d’Entreprise, l’autre au Conseil d’Administration, « un projet de réorganisation de l’AFPA ».
Cette réunion « zéro » préfigure la mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui supprime des emplois par centaines, avec des fermetures de centres, instaurant une politique de mobilité généralisée tant géographique que professionnelle pour les salariés qui resteront, suite à une réorientation d’une partie de l’activité historique de formation professionnelle vers de l’accompagnement.
Sur un effectif total de 6773 postes, 938 sont menacés de suppressions d’ici à 2020. Dans un communiqué, la direction de l’Afpa a précisé que le plan concernerait la suppression de 1 541 postes en CDI d’ici à fin 2020 et la création de 603 autres postes sur d’autres compétences. Les départs naturels à la retraite concerneront 600 personnes. ). Dans le Grand Est, 193 des 653 CDI que compte l’Afpa devraient disparaître et 95 emplois seraient créés, ce qui aboutit à une perte totale d’une centaine d’emplois. Il y a aura un plan de départs volontaires et des redéploiements. On est encore dans le flou.
Sur 38 centres de formations menacés en France, cinq se situent dans le Grand Est. Deux se situent en Champagne-Ardenne (Reims et Romilly), deux en Lorraine (Faulquemont et Thionville Yutz) et un en Alsace (Soultz-sous-Forêts).

 

Cette situation est d’autant plus absurde que des milliers de personnes ont besoin de se former et d’être accompagnées dans leur recherche d’orientation et d’insertion professionnelles.

La situation budgétaire de l’Afpa serait en cause. « L’Afpa est devenue structurellement déficitaire, en raison de l’intensité concurrentielle du secteur de la formation, de la digitalisation de l’offre et du passage à un système d’appels d’offres qui ont révélé sa faible compétitivité », a souligné la direction dans son communiqué.

Les salariés critiquent la Région, qui a réduit ses budgets. Pour les syndicats, la Région, qui a déclaré regretter la brutalité des annonces, est en partie responsable des coupes claires dans les effectifs du Grand Est : « Par exemple, en réparation et contrôle technique auto, spécialités de Yutz, il y a des besoins immenses en raison de nouvelles normes et la Région ne fait plus d’appels d’offres. On ne comprend plus rien. Au total, dans l’Est, c’est 15 M€ de chiffre d’affaires de moins entre 2015 et 2018. Nos prix seraient au-dessus du marché, mais leurs prestataires viennent sur nos plateaux techniques pour passer les certifications », affirme un représentant syndical.

La CGT alerte sur les vrais enjeux.
Ce qui a prévalu jusqu’à présent était principalement d’ordre économique et financier. Ainsi, l’approche de la direction générale, du président et des tutelles qui font pression est de réduire drastiquement ce qui est considéré comme des charges, au premier rang desquelles la masse salariale.
Par contre, peu d’ambition pour relever le niveau d’activité dans la formation professionnelle des demandeurs d’emplois qui s’effondre, avec des pertes très conséquentes de parts de marché avec les conseils régionaux.
Pour la CGT, l’urgence véritable est de répondre à la question politique : quelle AFPA veut-on et pour quoi faire ?
Car le pays se trouve confronté à des enjeux économiques cruciaux à la croisée entre :

  • la réindustrialisation, la production en proximité (circuits courts, etc.) ;
  • le développement durable ;
  • un aménagement du territoire garant d’un développement équilibré face à la métropolisation ;
  • les transitions écologiques, énergétiques, numériques ;
  • la transformation du travail et des métiers ;
  • le défi climatique ;
  • les métiers rares et émergents.

Répondre à ces défis nécessite des choix politiques d’envergure.

Pour la CGT, il va falloir investir lourdement et durablement dans la formation professionnelle qualifiante pour réussir à les relever. Les pouvoirs publics disposent au sein du service public de l’emploi (SPE) d’un bras armé qui a fait la démonstration de son efficacité sociale depuis plus de 70 ans. Ce n’est pas en procédant à une sévère amputation de ses moyens opérationnels que l’AFPA pourra assumer ses missions de service public telles qu’elles sont (im)posées par la loi.

Tout au contraire, la CGT propose 4 axes pour reconstruire une AFPA capable de former citoyens et travailleurs dans de bonnes conditions :

  1. répondre à l’exigence de « à chacun selon ses besoins » et sortir du principe libéral du « à chacun selon ses droits acquis ». Le compte personnel de formation (CPF) tel que construit actuellement est un piège encore plus cruel pour les plus éloignés de l’emploi ;
  2. dans cet esprit, l’AFPA doit avoir les moyens d’identifier et de répondre aux problématiques et spécificités de chaque personne accueillie.
  3. valoriser le « chemin parcouru » par chaque personne formée entre sa situation de départ et celle atteinte à l’issue du parcours de formation. Par la qualité du service rendu à ses usagers, garantie par du personnel pérenne et qualifié, l’AFPA pourra rendre compte de son utilité sociale et de son efficacité ;
  4. sortir des appels d’offres régionaux. D’autres modalités de contractualisation sont possibles et devraient être mise en œuvre par les régions.

 

Pour la CGT, l’AFPA est un Organisme Public qui doit permettre de répondre aux enjeux économiques cruciaux par la formation professionnelle qualifiante de qualité. Mais, cela nécessite des choix, des décisions et des engagements politiques de long terme qui dépassent très largement les décisions économiques de court terme prise par ses dirigeants.

La CGT refuse toute décision de la direction consistant à licencier des salariés et à liquider des centres de formation. Pas de place pour des officines de formations du tout lucratif ; le défi de la formation des actifs, des privés d’emploi, comme des personnes les plus démunies, ne peut en aucun cas être soumis à la concurrence. L’enjeu est de faire face aux évolutions des contenus du Travail et aux mutations technologiques, numériques et environnementales, en s’appuyant sur le service public.

Pour lire le communiqué commun CGT Pôle emploi et CGT Afpa, cliquer ici

Quand le CEP tourne court et qu’on se moque des demandeurs d’emploi…

Le conseil en évolution professionnelle (CEP) est un dispositif d’accompagnement gratuit et personnalisé proposé à toute personne souhaitant faire le point sur sa situation professionnelle et, s’il y a lieu, établir un projet d’évolution professionnelle (reconversion, reprise ou création d’activité…). Il permet d’élaborer, le cas échéant, un parcours de formation et son plan de financement.

Les restrictions budgétaires qui frappent le service public de l’emploi sont autant de boulets de canon chauffés au rouge qui transpercent la voilure des ambitions du CEP. Et en plus, on nous enjoint de mentir aux demandeurs d’emploi comme l’atteste cet extrait tiré d’un mail adressé par un DAPE de Lorraine à ses agents:

« La DT nous demande de quasiment stopper les AIF, car nous avons donc utilisé presque la totalité de notre budget AIF.(…) Nous n’accepterons donc plus de demandes, en dehors de celles qui ont été identifiées lors du PPAE.
(…) Nous ne pouvons mettre en avant notre dotation budgétaire pour refuser un financement. Comme dans la mesure où dans quasiment 100% des cas, c’est le DE qui arrive avec sa demande, vous répondez qu’on ne finance pas car la formation n’est pas prévue au PPAE. »

 

Sans commentaire…

« Voiler une faute sous un mensonge, c’est remplacer une tache par un trou ».
John Petit-Senn