« C’est notre perf' » ou « Le maillon faible » ?

Lors du Comité d’Etablissement du 28 mars, deux dossiers ont particulièrement attiré l’attention de la CGT :

  1. le renforcement du suivi des agences par les DT
  2. le déploiement de « C notre perf’ »

« C notre perf’ »

Il s’agit d’intégrer les conseillers à la démarche de performance comparée.
Questionné par la CGT, le DR a donné l’assurance que les indicateurs de contrat de progrès ne seront pas déclinés individuellement. Il assure même que c’est impossible, ce qui reste à vérifier.
Pourtant il explique par ailleurs, et le document qui présente « C notre perf’ » le confirme, qu’il s’agit d’améliorer la « performance » (en clair les indicateurs de contrat de progrès) en demandant aux agents au sein des équipes comment faire pour la faire augmenter !
Selon le DR, il ne faudrait pas chercher à faire peur en parlant de Lean management. Il affirme que « C notre perf’ » n’aura rien à voir avec les pratiques condamnées par les tribunaux.
Six agences ont déjà commencé « C notre perf’ » : Rethel, Strasbourg Seyboth, Nancy Gentilly, Gérardmer, Epinal Voivre et Mulhouse Verriers. Trente-sept se sont portées candidates.
La CGT appelle l’ensemble des agents à la plus grande vigilance : même si les ICT en tant que tels ne sont pas déclinés conseillers par conseillers, ici ou là pourrait surgir l’idée plus ou moins téléguidée de comparer le nombre de DPAE et/ou le nombre de passage en catégorie C (deux composants de l’ICT1) par portefeuille. On entrerait alors dans une logique de « maillon faible », Au sein des équipes, celui qui a le plus mauvais « résultat » serait montré du doigt et sommé par ses collègues de changer ses pratiques.
Alain Supiot, professeur au collège de France, disait récemment à la radio que le drame de l’Hôpital est qu’aujourd’hui les personnels y sont contraints à soigner les indicateurs plutôt que les patients. C’est le résultat du Lean management dans un contexte de suppressions de poste. Il faut tout faire pour que cette catastrophe ne s’implante pas à Pôle Emploi.

Renforcement de l’appui aux agences par les DT

Une seule chose est claire, nette et précise dans ce dossier : tous les DAPE seront sous la coupe d’un DTD qui aura en charge leur revue de performances et qui rendra compte au DT. Selon le DR, la posture managériale change : il n’agirait plus de prescrire d’en haut mais d’animer pour co-construire.  De moins en moins de normes, donc, mais de plus en plus d’attentes en termes de « résultats » c’est-à-dire d’ICT.

On l’aura compris, la pression, qui existe déjà, va augmenter fortement !

Face à cette menace nous avons besoin de nous serrer les coudes, de dépasser l’individualisme, pour résister collectivement. Refusons de désigner des « maillons faibles » dans les équipes !

Pour lire le tract, cliquer ici

Une illustration du mépris du dialogue social par la Direction : la situation dramatique d’une agence de Moselle.

Ceci est une situation réelle dont s’est emparé le CHSCT territoire lorrain, toutes organisations syndicales confondues.
Par souci d’anonymat, que nous respectons pour le moment, nous ne mentionnerons pas le nom de cette agence que nous appellerons l’agence « Taisons-nous » car c’est ainsi que la DR souhaite visiblement résoudre la problématique extrêmement grave à laquelle sont confrontée les agents de ce site.

Depuis plusieurs années l’agence de « Taisons-nous » rencontre des difficultés multi-factorielles parmi lesquelles prédomine un management particulièrement inapproprié et autoritaire pratiqué par la DAPE. En dépit de l’attitude bienveillante des REP qui font tampon comme ils le peuvent (en y laissant leur santé) pour protéger le collectif, les collègues sont dans leur grande majorité en très grande souffrance psychologique (nombreuses demandes de visites auprès de la médecine du travail, alerte des représentants du personnel, absentéisme très important pour cause de maladie, etc.)

Les élus CHSCT, toutes organisations syndicales confondues, n’ont eu de cesse, depuis au moins deux ans, d’alerter la Direction sur la situation très préoccupante de cette agence, alerte relayée par la médecine du travail. L’Etablissement est resté sourd longtemps, puis s’est fendu, pour la forme, d’un audit interne qui a accouché d’un plan d’action « bidon » ne débouchant sur rien, et même moins que rien, puisque la situation s’est encore dégradée…

En juin 2018, les élus CHSCT à l’unanimité ont déclenché une alerte pour danger grave et imminent. Une commission d’enquête, composée de représentants du personnel (toutes les organisations syndicales représentées au CHSCT) et de représentants de l’Etablissement, a conduit ses investigations jusqu’en septembre 2018 (auditions des agents, REP, DAPE, DT et DTD, médecin du travail).

Le rapport d’enquête a été présenté en CHSCT le 19 octobre 2018.
Les constats sont édifiants et partagés par l’ensemble des enquêteurs (représentants du personnel et Direction) : « situation compliquée voire catastrophique », « l’ambiance de travail est très lourde », « sentiment d’abandon », « mal-être », « réelle souffrance au travail », « sentiment général de détresse psychologique et de dévalorisation », « c’est plus qu’un malaise, c’est un fonctionnement à revoir », « plusieurs situations individuelles sont très inquiétantes et nécessiteront un accompagnement RH adapté », etc.
Parmi ces constats, l’attitude de la DAPE de l’agence de « Taisons-nous » est clairement mise en exergue : « management de la DAPE considéré comme trop autoritaire, trop directif, avec notamment un mode de communication jugé agressif », « on a peur d’avoir une réflexion… », « en réunion de service plus personne n’ose parler », « insinuations déplacées sur le physique, la tenue », « tension des REP avec la DAPE, REP en pleurs, portes qui claquent… », propos malséants à la limite de l’injure (le verbatim est édifiant…), « Les REP sont allés voir la directrice pour qu’elle n’agisse pas à la hussarde, qu’elle soit plus bienveillante : sans effet… ». Et, en conséquence de cela, de nombreux arrêts maladie avec des situations de très grande détresse psychologique.

A la décharge de la DAPE,  la DT n’est pas exempt de responsabilité dans cette situation : elle a fermé les yeux longtemps, avant de se perdre dans des comportements inadaptés (« l’intervention de (la DT) a été mal perçue ») en manipulant et/ou couvrant la DAPE (selon l’interprétation).

Afin de garantir la levée totale du danger incriminé, l’enquête conclue notamment que le déplacement de la directrice d’agence (demande très majoritaire formulée par les personnes auditionnées), dans son propre intérêt et celui du collectif, constitue un préalable à la bonne mise en œuvre des préconisations.

Compte tenu des constats, quelle est selon vous la réponse de la DR aux préconisations de la commission d’enquête ?
Et oui, votre première idée était la bonne (nous sommes tellement habitués au pire avec notre DR…).
C’est bien le pire que la DR a mis en œuvre :
►La DR a déplacé les REP, alors que de l’avis de tous (personnels audités et enquêteurs) ils étaient bienveillants, en soutien, faisant tampon entre la DAPE et les agents.
►La DR refuse de déplacer la DAPE.
►Alors que, de l’avis même de l’inspectrice du travail recueilli en CHSCT, n’importe quel agent aurait été frappé d’une sanction disciplinaire (avertissement minimum) compte tenu des témoignages recueillis (pour rappel : « management de la DAPE considéré comme trop autoritaire, trop directif, avec notamment un mode de communication jugé agressif », « on a peur d’avoir une réflexion… », « en réunion de service plus personne n’ose parler », « insinuations déplacées sur le physique, la tenue », « tension des REP avec la DAPE, REP en pleurs, portes qui claquent… », propos malséants à la limite de l’injure (le verbatim est édifiant…) », la DAPE de l’agence de « Taisons-nous » s’en tire sans le moindre dommage, et est clairement soutenue par la DR.
Pour ceux qui en doutaient encore, voici la preuve que la Direction persiste dans le déni, le mépris, et la rupture du dialogue social, à un moment où la souffrance au travail à Pôle emploi atteint un sommet jamais atteint, au point que la presse s’empare de ce sujet très régulièrement.

L’Inspectrice du travail est aujourd’hui saisie du dossier, et les membres du CHSCT territoire lorrain n’en resterons pas là : ils useront de tous les moyens possibles pour forcer la DR à donner suite aux préconisations posées par le rapport d’enquête, le déplacement de la DAPE étant le préalable indispensable. Il est notamment impensable que la DAPE suive les agents lors du déménagement prochain qui doit être pour eux l’occasion d’un nouveau départ.

A quand les 3 x 8 à Pôle-Emploi ???

Le nouveau remède de la Direction, encore plus inquiétant que le précédent !!!

 

Dernière info en direct du front :

La note de direction Lorraine du 15/07 stipulant les modalités de recours aux heures supplémentaires pendant la période estivale a été modifiée.

  • LES PLAGES HORAIRES DE LA NOTE DU 15/07 : de 17h00 à 19h00
  • LES PLAGES HORAIRES DE LA NOTE DU 22/07 : de 17h00 à 20h00 !!

Voilà un premier message fort de notre nouveau DR, lui, qui se présente à la dernière réunion du CHSCT comme un homme « attaché au dialogue social« , lui qui considère cette instance comme « l’IRP la plus importante » compte tenu des sujets évoqués, lui qui préfère parler de « qualité de vie au travail » plutôt que de risques psychosociaux, lui qui se dit « ouvert » et à l’écoute du terrain.

A l’heure où le bilan HSCT fait apparaître un constat sans concession sur l’explosion des absences pour maladies, arrêts et accidents du travail, voilà concrètement comment notre direction prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.

Chacun appréciera, les paroles et les actes !!!

CELA NE LAISSE RIEN PRÉSAGER DE BON POUR LA SUITE !!!

Travail m'a tuer