Retraites: le retour des régressions

Voilà le retour des annonces gouvernementales avec, en tête, les déclarations d’Emmanuel Macron sur la question des retraites. La crise sanitaire terminée ou pas, il anticipe pourtant sur les économies qu’il voudrait faire sur le dos des actifs et des retraités.

Ainsi, si sa réforme à points version 2020 paraît définitivement hors-jeu, la question de l’équilibre financier du système donc de nouvelles régressions réapparaît et le président de la République prépare le terrain pour les annonces qu’il envisage durant l’été.

Au menu, il pourrait être question d’augmenter la durée d’années de travail, notamment par une hausse de la durée de cotisation pour bénéficier d’une retraite à taux plein et le report de l’âge réel voire légal de départ en retraite à 64 ans.

Ainsi, l’accélération de la précédente réforme Touraine exigeant 43 années de cotisations en 2032 pourrait être faite par le gouvernement actuel à travers un simple ajout dans le PLFSS (Projet de loi de financement de la Sécurité Sociale) dès fin juillet et entériné fin octobre 2021.

Il est même question d’attaquer à nouveau spécifiquement aussi les régimes spéciaux.

Parallèlement, le patronat ouvre une négociation au pas de charge sur la retraite complémentaire des salariés du privé, avec l’ambition sans nul doute d’imposer de nouvelles régressions pour les retraités actuels comme pour les actifs.

Pourtant, le récent rapport de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DRESS)  atteste  qu’un Français sur deux est parti en retraite avec des trimestres de décote !

Plus d’un Français sur deux n’est plus en emploi à 60 ans, soit au chômage ou en invalidité.

Les travailleurs se sont mobilisés, en 2019 et 2020, pour faire échec au projet de réforme systémique voulue par le président de la République. Très majoritairement, ils avaient compris que les seuls objectifs du passage aux points étaient d’accélérer les baisses de pensions, de faire disparaître les spécificités professionnelles et les acquis sociaux, rendant la retraite de plus en plus lointaine.

La CGT agit  avec eux depuis des années pour la défense et l’amélioration du système de retraite par répartition et par annuité solidaire.

Ce dernier a démontré, malgré les attaques qu’il subit depuis 1993, sa solidité et sa fiabilité sur le long terme.

La CGT a porté, dans le débat public, de nombreuses propositions en ce sens, accompagnant celles-ci de mesures de financement crédibles visant à consolider et pérenniser notre  protection sociale.
Propositions qu’elle va remettre au centre du débat public immédiatement.
Ces mesures doit être assises sur la production des richesses des travailleurs et travailleuses et constituent un véritable choix de société.

Elles permettraient notamment de rétablir le droit au départ dès 60 ans et de généraliser de nouveaux droits à tous les salariés, notamment par des dispositifs de départ anticipé pour celles et ceux qui ont des métiers pénibles.

Pour la CGT, les annonces gouvernementales démontrent, une nouvelle fois, le peu de cas qui est fait des exigences des citoyens majoritairement opposés au projet de régression sociale ; ce qui a été démontré par les mobilisations sociales professionnelles et interprofessionnelles massives l’an dernier.

L’urgence, en 2021, est bien de plus et mieux protéger la population et, pour cela, d’arrêter l’inflation des exonérations sociales qui affaiblissent la sécurité sociale et de refonder son financement à partir du salaire socialisé.

L’urgence est de conditionner les dispositifs d’aides aux entreprises, particulièrement celles qui continuent de verser des dividendes même en période de crise sanitaire. Il est indiscutable que les mesures tels le crédit impôt recherche ou la transformation du CICE en allégements de cotisations sont mises à l’index pour leur inefficacité.

Le président de la République entend, encore une fois, s’en prendre aux travailleurs et travailleuses de ce pays plutôt qu’à la finance et aux places boursières.

La CGT avec le monde du travail ne le laissera pas faire et prépare la mobilisation nécessaire pour s’opposer à de nouveaux mauvais coups et porter l’exigence d’un système de retraite solidaire par répartition avec de nouveaux droits.

75e anniversaire de la Sécurité Sociale. Défendons-là, renforçons-là !

Conquise de longue lutte la sécurité sociale reste notre bien commun, un système solidaire et universel qui nous protège contre les risques de la naissance à la mort (allocations familiales, indemnités maladie, accident de travail, pensions de retraite).

C’est il y a 75 ans que l’ordonnance du 4 octobre 1945 posait les fondements de la Sécurité sociale : protéger « les travailleurs et leurs familles » contre les aléas de la vie : « Désormais nous mettrons fin à l’insécurité du lendemain, nous mettrons l’homme à l’abri du besoin, nous ferons de la retraite non plus l’antichambre de la mort, mais une étape de la vie et nous ferons de la vie autre chose qu’une charge et un calvaire » (Intervention d’Ambroise Croizat à l’Assemblée nationale en 1945).

Nous devons la Sécurité Sociale à Ambroise Croizat, responsable CGT et ministre du travail et de la sécurité sociale en 1945-1947.

Depuis 1946, le patronat et ses représentants n’ont eu de cesse de remettre en cause cette conquête sociale, cette innovation progressiste et militante sans précédent qui reste le pilier du système français.

Dans cette période de crise sanitaire, économique et sociale majeure, une fois encore la Sécurité sociale prouve son rôle capital d’amortisseur social qui protège l’ensemble de la population. C’est grâce à elle que des indemnités journalières ont été payées aux salariés en arrêt maladie, mais aussi en garde d’enfants, que les pensions de retraite ont été versées intégralement et sans baisses, que les allocations familiales, concernant les adultes handicapés, logement, etc. ont été maintenues. C’est également grâce à la Sécurité sociale que tout le monde a pu se soigner sans l’angoisse de la facture d’hospitalisation contrairement à d’autres pays.

Jugé, il y a quelques mois à peine, trop couteux et inefficace, le modèle social français au cœur duquel se situe la Sécurité sociale, s’est avéré être, une nouvelle fois, un amortisseur social alors que l’économie française a été l’une des plus touchée par l’épidémie.

Pourtant nos dirigeants continuent de dérouler leur programme de remise en cause profonde de cette institution et s’acharnent à vouloir imposer des réformes régressives comme celle des retraites rejetée par tous. Cette réforme est meurtrière pour la Sécurité sociale dans son ensemble et son retrait est incontournable.

Dans ce contexte particulier et alors que le projet de financement de la Sécurité sociale est en préparation, il y a urgence à défendre ce bien commun et à mener la bataille de reconquête de la Sécurité sociale intégrale que porte la CGT. C’est toute la CGT qui doit s’emparer et débattre de nos propositions à travers l’ensemble des syndicats et de leurs syndiqués afin de toucher les salariés et plus largement toute la population.

Malgré les attaques incessantes, les remises en causes permanentes, les réformes successives, la Sécurité Sociale reste debout. La Sécurité sociale et ses principes fondateurs (la solidarité, l’universalité, la répartition, la globalisation des risques et une gestion démocratique par les intéressés) en font un socle solide pour faire face aux enjeux du XXIe siècle et construire le monde d’après.

La CGT se bat au quotidien contre les mauvais coups qui sont portés à la Sécu, comme elle l’a fait l’hiver dernier contre la réforme des retraites par répartition. Et parce que la meilleure défense reste l’attaque, la CGT élabore des propositions alternatives et innovantes dans un esprit de reconquête de la Sécurité sociale qu’elle s’engage à partager et faire vivre très largement avec un maximum de salariés. La CGT est non seulement mobilisée contre les attaques dont elle fait l’objet, mais surtout porte des propositions pour la renforcer, l’élargir et l’améliorer.

Pour relever les défis qui s’annoncent nous aurons besoin d’une sécurité sociale plus forte et plus solidaire.

Pour prendre connaissance du dossier consacré à la Sécurité Sociale Spar la FNPOS CGT, cliquer sur le lien suivant :

https://orgasociaux.cgt.fr/editoriaux/la-securite-sociale-a-75-ans/

Pour prendre connaissance des propositions CGT pour une Sécurité Sociale du XXIe sièvle, cliquer sur le lien suivant :

http://syndicollectif.fr/wp-content/uploads/2020/10/A-la-reconqu%C3%AAte-de-la-S%C3%A9curit%C3%A9-sociale-livret-CGT.pdf

Pour visualiser la vidéo de la conférence sur Ambroise Croizat, cliquer sur le lien suivant :

https://cgtafpa.fr/ambroise-croizat/

17 septembre 2020: journée de mobilisation nationale et unitaire

Nous avons besoin d’un plan de rupture,
pas d’un énième plan de relance !

17 septembre journée de mobilisation nationale : protégeons les travailleurs avant les entreprises

Les entreprises richissimes du CAC 40 et d’ailleurs annoncent des plans massifs de suppression d’emplois afin de préserver leur capacité à verser des dividendes!

Nous avons besoin de projets industriels viables!

La semaine à 32h, le Smic à 1800 euros, le renforcement de notre sécurité sociale, avec notre système de retraite solidaire, sont indispensables et urgents. L’Assurance chômage doit jouer pleinement son rôle en assurant un revenu de remplacement pour tous, y compris les jeunes, sans condition de seuils d’accès.
Les mobilisations et la construction des luttes s’intensifient. Partout, dans les entreprises et les services, les cahiers revendicatifs doivent se construire. Partout, doivent s’organiser des assemblées générales des salariés pour décider des modalités d’actions afin d’avoir une rentrée combative.

Pour accéder au tract CGT, cliquer ici

Pour accéder au communiqué unitaire intersyndical, cliquer ici

Pour accéder au tract CGT Pôle emploi, cliquer ici

Retraite: le système à points permet de baisser votre retraite sans baisser les valeurs du point !

Le gouvernement a tenté d’éteindre l’incendie en ajoutant dans son projet une « règle d’or » stipulant que la valeur du point évoluera en fonction d’un indice du revenu moyen … qui n’existe pas encore. Mais même en supposant que l’évolution de cet indice soit positive, ça n’empêche pas de faire baisser votre retraite.

C’est pour éviter que cela soit évoqué à l’Assemblée Nationale puis repris dans les journaux que le gouvernement a dégainé le 49-3 avant que la question des valeurs du point ne soit abordée.

Démonstration:

En réalité, le point de retraite a deux valeurs : une valeur d’acquisition (VA) et une valeur de service (VS).

Au départ dans le projet gouvernemental, la valeur d’acquisition est de 10 euros et la valeur de service est de 0,55 euro.

Cela signifie que pour 1000 euros cotisés, vous obtenez 100 points (1000 / 10) donc 55 € de retraite annuelle (100 points x 0,55 €).

Que se passe-t-il si, par la suite, la valeur d’acquisition du point augmente de 20% et la valeur de service de 10% ?

Pour 1000 euros cotisés, vous obtiendrez alors 83,33 points (1000 / 12) donc 50,41 € de retraite annuelle (83,33 points x (0,55 + 10%))

Vous avez perdu 8,3% sur votre retraite ! Avant même de subir la décote (-5% , -10% ou – 15%) due à l’écart entre l’âge légal et l’âge d’équilibre !

Et pourtant les deux valeurs du point ont augmenté.

Notre retraite n’est pas un cadeau tombé du ciel. Nous la finançons nous-même par nos cotisations, y compris la part dite – à tort – patronale.

Le total des cotisations pour notre retraite de base et notre retraite complémentaire représente environ 23% de notre salaire brut. Comment accepter que le gouvernement détourne ces 23% de notre salaire brut dans un système où nous n’aurons plus aucune garantie quant au niveau de notre retraite ?

Les deux textes de loi qui composent la réforme des retraites sont encore loin d’être votés et promulgués. D’ailleurs en 2006, par des grèves et des manifestations massives nous avons réussi à faire reculer le président de la République sur le CPE après la promulgation de la loi votée par sa majorité.

 C’est en nous mobilisant tous ensemble que nous obtiendrons satisfaction !

Pour accéder au tract, cliquer ici

RETRAITES: pour l’intersyndicale une seule réponse s’impose, la mobilisation !

Les organisations syndicales de salarié-es et de jeunesse (CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Union syndicale Solidaires, FIDL, MNL, UNEF, UNL) ont pris acte de l’annonce par le Premier ministre samedi dernier en fin d’après-midi d’utiliser l’article 49-3. Cette procédure gouvernementale permet de faire passer sans vote à l’Assemblée Nationale le projet de loi portant sur le système de retraites par points.

Cela démontre l’impuissance du gouvernement à répondre aux interrogations sérieuses et légitimes des parlementaires à propos de ce projet incomplet, très approximatif aux multiples inconnues.

C’est une nouvelle preuve, si celle-ci était nécessaire, que le gouvernement refuse le débat et veut faire passer en force ce projet de régression sociale minoritaire dans l’opinion publique.

Les organisations réaffirment leur opposition à ce projet et la nécessité de créer de nouveaux droits pour les salarié-es, privé-es d’emploi, étudiant-es, lycéen-es, retraité-es.

Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires, FIDL, MNL, UNL et UNEF appellent à poursuivre les actions sans relâche, sous toutes les formes décidées localement, y compris par le recours à la grève, au moment de ce passage en force au parlement, afin de signifier massivement avec force le rejet de ce texte.

Les mobilisations massives très importantes initiées depuis le 5 décembre n’ont pas été́ entendues par ce gouvernement mais le poussent à la faute.

Elles poursuivent et amplifient, dans ce cadre, la construction d’une grande journée de grève interprofessionnelle et de manifestations dans tout le pays mardi 31 mars pour mettre en échec ce projet de loi ainsi que les suites si nécessaire.

Emploi : les seniors de plus en plus confrontés à la précarité

Un an avant la retraite, un senior sur trois se retrouve sans travail.

Deux études statistiques de l’Insee et de la Drees publiées le 13 février confirment que l’emploi des seniors pose problème. C’est fréquent, un an avant la retraite, une personne sur trois se retrouve sans travail, plus souvent des femmes d’ailleurs. C’est vrai que les quelques années de vie active qui vous séparent de l’âge de la retraite peuvent se transformer en gros passage à vide.

Entre le jour de votre 50e anniversaire et votre retraite, les français passent en moyenne près de deux ans sans activité. Il s’agit d’une moyenne, dans le meilleur des cas, lorsque vous êtes en bonne santé. Imaginez au contraire que vous êtes un peu abîmé par la vie, vous avez de l’arthrose, vous entendez mal, voir un gros handicap. Et bien à partir de 50 ans, trouver du travail devient rapidement l’enfer, il faut compter entre 4 et 9 ans sans activité, à attendre la retraite.

Alors si on repousse l’âge de la retraite, cela risque d’aggraver la situation. C’est un gros risque et c’est d’ailleurs ce qui s’est passé en 2010 lorsque l’âge légal de départ à la retraite est passé de 60 à 62 ans. D’après la Drees cela a eu un effet catastrophique sur les salariés les plus fragiles, en situation de handicap : non seulement ils ont dû attendre deux ans de plus pour partir à la retraite, mais en plus ils sont restés plus longtemps sans travail.

Il y a bien trois problèmes à régler. Premièrement, permettre aux salariés d’arriver en bonne santé à la retraite, deuxièmement, offrir des carrières complètes en entreprise quitte à adapter des postes de travail et enfin troisièmement, faire en sorte que l’on puisse partir plus tôt à la retraite (et certainement pas rallonger, directement ou indirectement, l’âge de départ à la retraite…).