le pilotage par les taux de sorties vers l’emploi expliqué au comité d’établissement du 28 août

Ci-dessus un extrait (page 27) du procès-verbal du comité d’établissement du 28 août.

Ce PV a été approuvé et vient d’être diffusé à tous les agents de la Région.

Ce que la CGT annonce depuis deux ans et demi y est confirmé :

Dans quelques semaines, les taux de sorties vers l’emploi « durable » seront calculés pour chaque équipe et chaque agence à partir des DPAE.

Le rapport d’expertise demandé par le CHSCT début 2013 a mis en évidence les risques psycho-sociaux induits par la mise en concurrence des équipes et des agents. Et les directions continuent quand même dans cette voie.

Pour se justifier, ils invoquent la nécessité de rendre des comptes. Sauf qu’il n’y a pas besoin de compter les DPAE par équipe pour rendre des comptes au niveau de Pôle Emploi : le nombre de DPAE pour toute la France est fourni régulièrement par l’ACOSS. Le but du classement mensuel des équipes et des conseillers c’est bien la mise en concurrence à tous les niveaux.

Entrons en résistance !

Le « pilotage par les résultats » contre la conscience professionnelle des conseillers

Le pilotage par les taux mensuels de sortie vers l’emploi « durable » revient à pénaliser la conscience professionnelle des conseillers. Pourquoi ?

Les emplois précaires, inintéressants et mal payés sont plus faciles à trouver que les emplois stables, intéressants et bien payés.

Jusque là, tout le monde suit ?

Or du point de vue du pilotage par les taux de sortie vers l’emploi « durable » un emploi précaire (un CDD de 6 mois est considéré comme « durable »), inintéressant et mal payé VAUT AUTANT qu’un emploi stable, intéressant, et bien payé. Ce qui est à l’opposé du point de vue d’une personne à la recherche d’un emploi.

Autrement dit, entrer dans la logique du pilotage par les taux de sortie vers l’emploi « durable » implique de FAIRE ABSTRACTION du point de vue de la personne à la recherche d’un emploi.

Le conseiller qui, par conscience professionnelle, continuera à prendre en compte le point de vue de la personne à la recherche d’un emploi – préférer un emploi stable, intéressant et bien payé à un emploi, précaire, intéressant et mal payé – se pénalisera donc lui-même en acceptant la baisse de son taux de sortie vers l’emploi « durable ».

En résumé, le conseiller a deux options :

1) obtenir un bon taux mensuel en oubliant le point de vue de la personne privée d’emploi

2) tenir compte du point de vue de la personne privée d’emploi et être le dernier (de son équipe, de son agence, etc.)

Ce genre de dilemme peut rendre fou. Littéralement.

Nous devons réagir collectivement pour empêcher ça.