Quand le CEP tourne court et qu’on se moque des demandeurs d’emploi…

Le conseil en évolution professionnelle (CEP) est un dispositif d’accompagnement gratuit et personnalisé proposé à toute personne souhaitant faire le point sur sa situation professionnelle et, s’il y a lieu, établir un projet d’évolution professionnelle (reconversion, reprise ou création d’activité…). Il permet d’élaborer, le cas échéant, un parcours de formation et son plan de financement.

Les restrictions budgétaires qui frappent le service public de l’emploi sont autant de boulets de canon chauffés au rouge qui transpercent la voilure des ambitions du CEP. Et en plus, on nous enjoint de mentir aux demandeurs d’emploi comme l’atteste cet extrait tiré d’un mail adressé par un DAPE de Lorraine à ses agents:

« La DT nous demande de quasiment stopper les AIF, car nous avons donc utilisé presque la totalité de notre budget AIF.(…) Nous n’accepterons donc plus de demandes, en dehors de celles qui ont été identifiées lors du PPAE.
(…) Nous ne pouvons mettre en avant notre dotation budgétaire pour refuser un financement. Comme dans la mesure où dans quasiment 100% des cas, c’est le DE qui arrive avec sa demande, vous répondez qu’on ne finance pas car la formation n’est pas prévue au PPAE. »

 

Sans commentaire…

« Voiler une faute sous un mensonge, c’est remplacer une tache par un trou ».
John Petit-Senn

La galère des chômeurs qui ne maîtrisent pas internet

Voici un intéressant article publié sur LExpress.fr le 25 juillet 2018:

Utiliser une appli pour trouver un job, scanner son CV ou même s’inscrire à Pôle emploi est ardu pour beaucoup de demandeurs d’emploi.

Mauvaise maîtrise des outils, absence d’équipement (smartphone, ordinateur…) ou problème d’accès internet. Au total, 14 millions de Français sont « éloignés du numérique », estime France Stratégie, institut rattaché à Matignon, dans un rapport publié début juillet intitulé « les bénéfices d’une meilleure autonomie numérique« . Et il y a parmi eux une surreprésentation des plus âgés, des ouvriers, des personnes peu diplômées et des « sans activité professionnelle. »

Problème : depuis 2016, l’inscription à Pôle emploi se fait obligatoirement par internet. Conséquence: à l’agence du centre-ville de Roubaix, six jeunes en « service civique » se relaient à l’accueil pour aider les demandeurs d’emplois dans leurs démarches. L’agence travaille aussi avec l’association « Emmaüs connect » pour les chômeurs les plus éloignés du numérique et met en place des ateliers spécialisés, explique à l’AFP sa directrice, Zhora Elbasri.

D’après une étude de l’opérateur public, une personne sur cinq se déplace physiquement pour s’inscrire et 28% au total ont eu besoin d’une aide, qui peut se faire aussi par téléphone. « Certains n’ont pas d’ordinateur, ou ne sont pas sûrs d’avoir bien scanné un document », illustre Tarik, 21 ans, en service civique depuis juin à Roubaix.

« Etre absolument visible »

Des demandeurs ont besoin de « quelqu’un pour les aider », voire qu’on écrive les mails « à leur place », détaille Rose-Marie Péchallat, ancienne conseillère Pôle emploi. Une démarche qui est loin d’être aisée. « C’est une certaine humiliation de venir, de dire  »Moi je veux qu’on m’aide » ou  »Je ne comprends rien à ce qu’on me dit » », décrit celle qui aide depuis plusieurs années les chômeurs en difficulté avec l’opérateur, grâce à un forum internet

S’inscrire à Pôle emploi n’est que le premier défi à relever quand on ne maîtrise pas internet. Selon une étude de la Dares (1), 41 % des établissements utilisent leur site web pour recueillir des candidatures. Et dans 45% des recrutements, internet a été directement mobilisé pour diffuser des annonces ou consulter des CVthèques. « Compte tenu du fait que 75% des emplois nécessitent au moins la maîtrise des compétences numériques de base, un individu a plus de chances d’avoir un emploi s’il maîtrise ces compétences que dans le cas contraire », rappelle France Stratégie.

Pour ne pas laisser certains chômeurs à quai, l’association « Solidarité Nouvelles face au Chômage » (SNC) a d’ailleurs mis en place des ateliers numériques. « Nous avons aussi beaucoup de seniors qui ont une adresse mail et qui ne s’en servent jamais », explique Hélène Cazalis, délégué générale adjointe. De surcroît, et même s’il ne faut « pas tout miser sur le numérique », il faut néanmoins comprendre les nouvelles logiques de recrutement liées à internet. Les employeurs « cherchent leurs candidatures dans un vivier » si bien qu' »il faut absolument être visible ». « Quelqu’un qui ne remplit son CV qu’à 60% n’apparaît pas du tout, et cela c’est peu connu des demandeurs d’emploi, ajoute-t-elle. Elle estime aussi que « réseaux sociaux professionnels » pour la recherche d’emplois sont souvent « sous-utilisés ».

(1) Comment les employeurs recrutent-ils leurs salariés?, étude parue en octobre 2017.

 

CAP 22: la casse des services publics et de Pôle emploi

RAPPORT « CAP 2022 » ET ANNONCES GOUVERMENTALES CONCERNANT LE SPE :

Le gouvernement a tout fait pour garder secret le plus longtemps possible le fameux rapport CAP 22 qui vise ni plus ni moins à dynamiter toute la fonction publique en réalisant au passage une « belle économie » de 30 milliards d’euros !

Le rapport « Cap 2022 » impacte fortement le service public de l’emploi. Des mesures visent Pôle emploi et ses effectifs mais également les autres acteurs du service public de l’emploi. Ces mesures sont résumées dans un article des Echos: lesechos18072018

Elles sont mortifères pour le service public, nos missions et nos emplois.

La CGT Pole emploi et la FOS ont immédiatement réagi par un communiqué de presse,  et  la CGT Missions locales par un flash info dans son réseau.

Communiqué de presse CGT PE

Communiqué de presse FOS

Flash CGT Mission Locale

Ci-joints le rapport « Cap 2022 », ainsi que le rapport du cabinet DEGEST pour le CE IDF mettant en lumière la baisse programmée des effectifs de Pôle emploi:

Rapport CAP 2022

Rapport DEGEST CE IDF

Par ailleurs, un dossier complet sur CAP 2022 est disponible sur le site de l’UFSE-CGT:

http://www.ufsecgt.fr/spip.php?rubrique801

Pour se faire peur et entrevoir à quoi ressemblera Pôle emploi dans quelques années, cliquer sur le lien suivant: https://www.20minutes.fr/economie/2311015-20180720-rapport-cap-2022-quoi-ressemblera-pole-emploi-quelques-annees

Le projet de ce gouvernement est clair : en finir avec la Sécurité sociale, nos droits sociaux et nos services publics.

La défense des services publics, de NOS services publics est notre affaire à tous, alors dès à présent il nous faut préparer la rentrée sociale ! Nous ne les laisserons pas faire !

Menaces sur nos emplois et sur Pôle emploi

La CGT avait mis en garde le personnel depuis longtemps. Selon certains syndicats nous exagérions et agitions des peurs inutiles… mais comme souvent, le temps donne raison à nos analyses.

Ainsi le Directeur Général a annoncé dans le cadre d’une convention des « managers » la suppression de 4000 postes d’ici 2022. Madame Pénicaud, Ministre du Travail, justifie sur France Inter ces suppressions d’emplois.
En effet, la Direction Générale de Pôle emploi applique à la lettre les préceptes définis par le gouvernement dans le cadre de son projet CAP 2022 pour toute la fonction publique : restrictions budgétaires, diminutions de postes (120 000 d’ici 2022) et plan de départs volontaires, accroissement du recours à des contrats courts et à la précarité, abandon de missions publiques – privatisations – transfert de missions aux Collectivités Territoriales.
Pire, le projet de loi de programmation des finances publiques 2018-2022 prévoit une baisse de 4 Mds d’euros du budget du Ministère du Travail dont dépend Pôle emploi.
Enfin, le budget de l’UNEDIC va être réduit suite à l’annonce de la suppression des
cotisations sociales salariales d’assurance chômage transférées vers la CSG. Or les recettes de l’UNEDIC, depuis la création de Pôle emploi, participent à hauteur de 70% au budget de Pôle emploi !
Le gouvernement a annoncé combler de façon temporaire ce manque à gagner en
transférant les recettes issues de la CSG vers le budget de Pôle emploi mais dans le même temps l’État baisse de 50 millions sa dotation à Pôle emploi !
L’avenir même de Pôle emploi comme opérateur public de l’État est menacé.
Dès cette année, les emplois supprimés – 297 Équivalents Temps Plein Travaillés et 1380 Contrats aidés (qui exerçaient des activités d’agents titulaires) – impactent fortement le réseau des agences de proximité, accroissent la dégradation continue de nos conditions de travail, réduisent nos missions au service des besoins des usagers. Le « recrutement » de 3200 collègues en Service Civique, travailleurs précaires sans contrat de travail et non salariés de Pôle emploi, ne sauraient palier des emplois de titulaires qualifiés.
Le transfert de 800 conseillers supplémentaires de l’accompagnement vers les missions de contrôle des chômeurs (déjà en discussion au Comité Central d’Etablissement) – associé à la mise en œuvre d’une Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences qui a réduit considérablement notre mission d’indemnisation (40% des conseillers en charge d’une mission d’indemnisation ont dû cesser cette activité) témoignent d’une volonté gouvernementale de démanteler Pôle emploi vers plus de privatisation ou de régionalisation et notamment nos missions auprès des usagers : conseil et accompagnement des travailleurs privés d’emploi et des entreprises.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a demandé à l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) de réfléchir à une « méthodologie robuste » permettant « d’indexer » d’éventuelles baisses d’effectifs de Pôle emploi sur une « décrue constatée du chômage ».

Gageons que ce n’est que le début. Seule une mobilisation massive pourra faire reculer le gouvernement.

Pôle emploi dans la tourmente, la Direction dans le déni…

A Pôle emploi les conditions de travail se dégradent fortement depuis plusieurs années, avec une perte de sens au travail, une augmentation des agressions dont sont victimes les agents, une augmentation des arrêts maladie.

Ce constat a été largement illustré par les diverses expertises décidées par les instances représentatives du personnel sur différents sujets, et dont les préconisations ont été constamment négligées par la Direction.

Le diagnostic ELEAS sur la Qualité de vie au travail et la prévention des risques psychosociaux fait des constats alarmants qui n’ont pas suscité de la part de la Direction le besoin de décliner un plan d’action et une communication spécifiques vers les agents, comme l’urgence de la situation l’aurait méritée.

L’Etablissement ne peut ignorer la souffrance au travail à laquelle est de plus en plus confronté le personnel.

Le management bienveillant semble être inconnu à Pôle emploi où des situations de management inadapté perdurent et mobilisent de façon régulière et regrettable les débats en CHSCT..

Plus généralement, les orientations et les choix stratégiques de Pôle emploi depuis plusieurs années sont dangereux pour les agents, mettant à mal leur santé et leurs métiers.

Elles sont également dangereuses pour les usagers de notre service public, au point qu’aujourd’hui Pôle emploi n’a jamais fait l’objet de critiques aussi appuyées et lourdes de menace pour la pérennité de notre institution :

-on ne compte plus les ouvrages parus sur les dysfonctionnements de Pôle emploi, écrits tant par des usagers, que par d’anciens agents ou des spécialistes de l’emploi,

-Les dysfonctionnements de Pôle emploi sont devenus des marronniers journalistiques,

-des hommes et des femmes politiques ont remis en cause le fonctionnement et l’avenir de Pôle emploi dans les programmes électoraux de la dernière élection présidentielle.

-Un ancien secrétaire d’Etat à l’Emploi, président d’un grand parti politique (Laurent Wauquiez), a fustigé la qualité de travail des agents de Pôle emploi,

-La Cour des comptes a plusieurs fois critiqué les choix politiques de la DG,

-L’Association des Régions de France a demandé la régionalisation de Pôle emploi,

-L’actuel Ministre de l’économie Bruno Lemaire proposait il y a un an, lorsqu’il était député, de privatiser Pôle emploi qui selon lui n’est « pas outillé pour effectuer la mission de placement des chômeurs ».

-le Président de la République a transcrit en décret le 11 septembre 2017 (après ratification en 2015) la convention n° 181 de l’Organisation Internationale du Travail relative aux agences d’emploi privées désormais officiellement autorisées en France pour concurrencer Pôle emploi, avec des conséquences pour notre institution que nous aurions tort de minimiser.

-La Fondation IFRAP, un club de réflexion ultra libéral dont les travaux inspirent largement le gouvernement au point d’en être aujourd’hui le maître à penser, s’interroge sur l’avenir de Pôle emploi dans une note d’octobre 2017 et suggère « une refonte totale de Pôle emploi », « la privatisation de la mission de placement des demandeurs d’emploi », « la régionalisation des missions d’accueil, d’indemnisation et de suivi des dossiers », « la mise en place d’un vaste plan de baisse des effectifs, notamment dans les fonctions supports, visant 22000 agents sur 54000 »,

C’est clairement l’externalisation et la privatisation des missions de Pôle emploi qui sont visées par le milieu politique et économique majoritaire.

Ce contexte met à mal la santé des agents, porte atteinte à leurs métiers, et compromet leur avenir à Pôle emploi.

La DR doit tenir compte de la souffrance des agents et prendre les mesures de préventions qui s’imposent, qui ont été préconisées par plusieurs experts et réclamées par les élus.

Le gouvernement et la DG doivent changer leurs orientations et leurs choix stratégiques. Pour les y inciter, nous devons nous mobiliser !

 

 

19 Avril 2018: Une journée de convergence qui en appelle d’autres

Sur 190 points de rassemblement et à l’appel, le plus souvent, de la seule CGT, près de 300 000 salari-é-e-s se sont mobilisés avec, parfois, des appels à la grève s’ajoutant à celui des cheminots, toujours aussi fortement et unitairement mobilisés.
Des rassemblements ou cortèges déterminés malgré la période de congés. Salariés du privé, du public, électriciens et gaziers, usagers des services publics, retraités, jeunes lycéens et étudiants : rassemblés autour du refus de la société que Macron et son gouvernement nous proposent. Et, aussi, mobilisés sur leurs propres revendications autour de l’emploi, des salaires, des garanties collectives, du service public, de la suppression de la CSG, de l’accès à l’université.
Partout, dans le calme et la détermination, les jalons ont été posés pour poursuivre et amplifier partout les mobilisations, à partir des entreprises, professions et des cahiers revendicatifs locaux.
À quelques endroits, comme à Paris où la préfecture de police a multiplié les provocations, les salariés sont restés calmes et dignes, refusant de répondre à la violence. Violence qui décidément devient la seule réponse gouvernementale aux justes exigences des salariés et populations. En témoigne la situation à Notre-Dame-des-Landes.
Les exigences et mécontentements montent sur de multiples sujets et le gouvernement écoute, dit-il, mais n’entend pas.
Il serait pourtant inspiré de le faire !
Les cheminots restent durablement déterminés, les électriciens et gaziers les rejoignent. Les fonctionnaires unis ont d’ores et déjà le 22 mai et ses suites en ligne de mire. Les retraités, unis eux aussi, vont continuer à se mobiliser.
ADP, Air France, les transporteurs routiers, les chômeurs et précaires, les salariés des Ehpad, de la collecte des déchets, s’organisent sous formes différentes pour faire avancer leurs légitimes revendications… et ils ne sont pas seuls.
La CGT les soutient plus que jamais. Elle va travailler à l’unité la plus large, au plus près du terrain, pour que, partout, s’ouvrent de sérieuses négociations et soient entendues nos propositions.
Le Président Macron et son gouvernement doivent entendre l’exigence sociale et prendre la mesure des oppositions grandissantes à sa politique qui flatte les plus riches et punit le plus grand nombre quand les moyens existent pour faire autrement.
Nous ne lâcherons rien ! 
De nombreuses initiatives auront lieu dans les professions et les territoires dès la semaine prochaine.
Nous appelons à faire du 1er-Mai, dans l’unité la plus large, une puissante journée de mobilisation et travaillons, dès à présent, à ses nécessaires suites, pour gagner.