Pôle emploi : encore 800 postes de moins en 2019…

Après déjà 297 postes supprimés en 2018, le projet de loi de finances prévoit la suppression de 800 postes à Pôle emploi en 2019 et de 550 l’Agence nationale pour la formation des adultes (Afpa).

Sur les 1.385 postes d’opérateurs de l’État de la mission Emploi supprimés, selon le projet de budget 2019, 800 concernent Pôle emploi et 550 l’Agence nationale pour la formation des adultes (Afpa), a indiqué la même source. Pour Pôle emploi, qui emploie environ 50.000 personnes, il s’agit de 800 postes équivalents temps plein (ETP), a-t-on précisé. En 2018, les effectifs de Pôle emploi avaient diminué de 297 postes.

Moins de postes en fonction des chiffres du chômage ? Le chiffre de 4.000 suppressions de postes ces prochaines années a circulé au printemps mais la ministre du Travail, Muriel Pénicaud avait assuré que « rien [n’était] décidé ». Elle avait indiqué que d’éventuelles coupes ne seraient « pas décidées a priori » mais seulement « s’il y a une décrue constatée » du taux de chômage.

La ministre avait d’ailleurs demandé à cette occasion à l’Inspection générale des Affaires sociales (Igas) de réfléchir à une « méthodologie robuste » permettant « d’indexer » d’éventuelles baisses d’effectifs de Pôle emploi sur celle du chômage. « On craint plus pour l’année 2020 », indiquait récemment un responsable syndical de l’opérateur public.

550 postes de moins à l’Afpa. L’Afpa, en difficultés financières depuis des années, voit elle aussi ses effectifs baisser, à hauteur de 550 ETP contre 396 en 2018. Au total, le budget du ministère du Travail s’inscrit en baisse de près de deux milliards d’euros à 13,1 milliards (périmètre constant) contre 15,2 milliards d’euros en 2018. Cette baisse avait été annoncée dès l’année dernière. Au titre des diminutions : près d’un milliard dû à la disparition du dispositif de la prime à l’embauche dans les PME et 850 millions en moins pour les contrats aidés.

 

La rentrée sera chaude ! Communiqué commun CGT-FO-Solidaires-UNEF-UNL

Pour les organisations syndicales de salariés, d’étudiants et de lycéens – la CGT, FO, Solidaires, UNEF et UNL- réunies le 30 août 2018, un constat s’impose et se renforce, celui d’une politique idéologique visant à la destruction de notre modèle social, favorisant notamment l’explosion des inégalités et la casse des droits collectifs.
Cette politique, ainsi que les mesures encore récemment annoncées par le gouvernement, relèvent d’une logique d’individualisation mettant à mal la solidarité et la justice sociale, valeurs essentielles de la cohésion sociale, et fragilisant une fois de plus les plus faibles, les précaires et les plus démunis.
Qu’il s’agisse :
-  des risques qui pèsent sur les droits des salariés-es et demandeurs d’emploi en matière d’assurance chômage ;
-  de la remise en cause du droit à l’avenir des jeunes par l’instauration d’une sélection à l’entrée de l’enseignement supérieur et par le gaspillage que constitue le service national universel ;
-  des atteintes au service public, en particulier CAP 22 ;
-  des destructions d’emplois au travers de la désindustrialisation
-  des attaques portées à notre système de santé ;
-  de la destruction de notre système de retraites ;
-  du gel des prestations sociales.
Les organisations signataires appellent le gouvernement à entendre les attentes sociales multiples qui s’expriment dans le public et le privé, par les actifs, les jeunes, les demandeurs d’emploi et les retraités-es, et qu’il ne soit plus uniquement guidé par l’obsessionnelle diminution de la dépense publique. Au moment où est annoncée une fois encore l’explosion des dividendes en France et dans le monde, il est temps de mener une politique de partage des richesses pour augmenter les salaires, les pensions et les minima sociaux.
Face à cette situation et à des décisions régressives qui s’opposent aux demandes légitimes des travailleurs et de la jeunesse, l’heure est à la défense des fondements de notre modèle social et à la conquête de nouveaux droits.
C’est pourquoi, les organisations signataires décident de faire du 9 octobre prochain une première journée de mobilisation et de grève interprofessionnelle, étudiante et lycéenne. 
Concernant la date de la journée de mobilisation et de grève interprofessionnelle, l’Union syndicale Solidaires la validera lors de son instance nationale la semaine prochaine.
Les organisations signataires invitent les autres organisations syndicales et de jeunesse à s’y associer largement et à s’inscrire dans un processus de mobilisation.

 

Carton rouge pour Pôle emploi : un dangereux mélange des genres

Pôle emploi s’est rendu coupable de plusieurs dérapages inquiétants qui lui ont fait franchir la ligne en théorie infranchissable de la neutralité politique. Ce comportement est incompatible avec la neutralité que se doit d’observer un service public dans un cadre démocratique et républicain.

Quelques exemples, hélas non exhaustifs :

►Pôle emploi Grand Est « partenaire de bronze » de l’université du MEDEF Alsace en septembre 2017  (coût 2000€ pour Pôle emploi, voir sur le site internet de l’Université d’été). Invité en même temps par le MEDEF : le polémiste Eric Zemmour (condamné pour appel à la haine raciale) et l’archevêque anti-IVG de Strasbourg. Finalement pour des raisons de sécurité, Eric Zemmour ne vient pas mais intervient en vidéo-conférence. Une manifestation (appelée par le Collectif d’Ailleurs nous sommes d’ici et SUD Education) a été organisée devant le lieu de l’événement.

Interpelé par la CGT sur ce dangereux mélange des genres, le DR Pôle emploi Grand Est (P. SIEBERT) n’a rien trouvé à redire…

►Pôle emploi Centre Val de Loire a autorisé le parti politique LREM à utiliser une salle de réunion dans une agence pour y rencontrer des demandeurs d’emploi sélectionnés.

►Dans plusieurs régions, Pôle emploi à fait participer du personnel Pôle emploi dans des réunions organisées par des partis politiques (essentiellement LREM…) ou le MEDEF, pour présenter l’offre de service de notre Etablissement.

►Le MEDEF Rhône-Alpes et Pôle emploi ont signé une convention de partenariat.

►En Ile de France, des tchat en partenariat avec le Medef sont organisés.

►etc…

A la direction de Pôle emploi c’est : « faîtes ce que je dis, ne faites pas ce que je fais »…

La DG de Pôle emploi, indigne dans ces comportements, impose à ses agents à travers le règlement intérieur des dispositions qu’elle serait bien inspirée de s’appliquer à elle-même : en effet, sous peine de sanctions disciplinaires dûment détaillées, l’article 10 du RI précise : « Tout agent de Pôle emploi dans le cadre de ses activités professionnelles ou toute personne travaillant au sein de Pôle emploi à quelque titre que ce soit est tenu (…) de faire preuve d’impartialité ; (…) de faire preuve de réserve dans le cadre des principes de neutralité et de laïcité de fonctionnement du service public ».

Soulignons que, par ironie de l’histoire, Pôle emploi s’acoquine avec certains de ses plus fervents détracteurs, faisant ainsi rentrer un peu plus le loup dans la bergerie, comme si l’on avait besoin de cela…

►le vice-président du Medef a déclaré que Pôle Emploi « n’est plus forcément adapté au marché actuel de l’emploi » : « Vous recrutez plus facilement aujourd’hui sur le Bon Coin que sur Pôle Emploi. Le Bon Coin est devenu le premier site de recrutement en France, devant Pôle Emploi » (décembre 2017 sur RTL).

►des hommes et des femmes politiques, membres des partis avec lesquels Pôle emploi a bafoué sa neutralité, ont remis en cause le fonctionnement et l’avenir de Pôle emploi et ont fustigé la qualité de travail des agents de Pôle emploi.

►L’actuel Ministre de l’économie Bruno Lemaire proposait il y a un an, lorsqu’il était député, de « privatiser Pôle emploi » qui selon lui n’est « pas outillé pour effectuer la mission de placement des chômeurs ».

 

Pour la version tract, cliquer ici

Quand le CEP tourne court et qu’on se moque des demandeurs d’emploi…

Le conseil en évolution professionnelle (CEP) est un dispositif d’accompagnement gratuit et personnalisé proposé à toute personne souhaitant faire le point sur sa situation professionnelle et, s’il y a lieu, établir un projet d’évolution professionnelle (reconversion, reprise ou création d’activité…). Il permet d’élaborer, le cas échéant, un parcours de formation et son plan de financement.

Les restrictions budgétaires qui frappent le service public de l’emploi sont autant de boulets de canon chauffés au rouge qui transpercent la voilure des ambitions du CEP. Et en plus, on nous enjoint de mentir aux demandeurs d’emploi comme l’atteste cet extrait tiré d’un mail adressé par un DAPE de Lorraine à ses agents :

« La DT nous demande de quasiment stopper les AIF, car nous avons donc utilisé presque la totalité de notre budget AIF.(…) Nous n’accepterons donc plus de demandes, en dehors de celles qui ont été identifiées lors du PPAE.
(…) Nous ne pouvons mettre en avant notre dotation budgétaire pour refuser un financement. Comme dans la mesure où dans quasiment 100 % des cas, c’est le DE qui arrive avec sa demande, vous répondez qu’on ne finance pas car la formation n’est pas prévue au PPAE. »

 

Sans commentaire…

« Voiler une faute sous un mensonge, c’est remplacer une tache par un trou ».
John Petit-Senn

La galère des chômeurs qui ne maîtrisent pas internet

Voici un intéressant article publié sur LExpress.fr le 25 juillet 2018 :

Utiliser une appli pour trouver un job, scanner son CV ou même s’inscrire à Pôle emploi est ardu pour beaucoup de demandeurs d’emploi.

Mauvaise maîtrise des outils, absence d’équipement (smartphone, ordinateur…) ou problème d’accès internet. Au total, 14 millions de Français sont « éloignés du numérique », estime France Stratégie, institut rattaché à Matignon, dans un rapport publié début juillet intitulé « les bénéfices d’une meilleure autonomie numérique« . Et il y a parmi eux une surreprésentation des plus âgés, des ouvriers, des personnes peu diplômées et des « sans activité professionnelle. »

Problème : depuis 2016, l’inscription à Pôle emploi se fait obligatoirement par internet. Conséquence : à l’agence du centre-ville de Roubaix, six jeunes en « service civique » se relaient à l’accueil pour aider les demandeurs d’emplois dans leurs démarches. L’agence travaille aussi avec l’association « Emmaüs connect » pour les chômeurs les plus éloignés du numérique et met en place des ateliers spécialisés, explique à l’AFP sa directrice, Zhora Elbasri.

D’après une étude de l’opérateur public, une personne sur cinq se déplace physiquement pour s’inscrire et 28 % au total ont eu besoin d’une aide, qui peut se faire aussi par téléphone. « Certains n’ont pas d’ordinateur, ou ne sont pas sûrs d’avoir bien scanné un document », illustre Tarik, 21 ans, en service civique depuis juin à Roubaix.

« Etre absolument visible »

Des demandeurs ont besoin de « quelqu’un pour les aider », voire qu’on écrive les mails « à leur place », détaille Rose-Marie Péchallat, ancienne conseillère Pôle emploi. Une démarche qui est loin d’être aisée. « C’est une certaine humiliation de venir, de dire  »Moi je veux qu’on m’aide » ou  »Je ne comprends rien à ce qu’on me dit » », décrit celle qui aide depuis plusieurs années les chômeurs en difficulté avec l’opérateur, grâce à un forum internet

S’inscrire à Pôle emploi n’est que le premier défi à relever quand on ne maîtrise pas internet. Selon une étude de la Dares (1), 41 % des établissements utilisent leur site web pour recueillir des candidatures. Et dans 45 % des recrutements, internet a été directement mobilisé pour diffuser des annonces ou consulter des CVthèques. « Compte tenu du fait que 75 % des emplois nécessitent au moins la maîtrise des compétences numériques de base, un individu a plus de chances d’avoir un emploi s’il maîtrise ces compétences que dans le cas contraire », rappelle France Stratégie.

Pour ne pas laisser certains chômeurs à quai, l’association « Solidarité Nouvelles face au Chômage » (SNC) a d’ailleurs mis en place des ateliers numériques. « Nous avons aussi beaucoup de seniors qui ont une adresse mail et qui ne s’en servent jamais », explique Hélène Cazalis, délégué générale adjointe. De surcroît, et même s’il ne faut « pas tout miser sur le numérique », il faut néanmoins comprendre les nouvelles logiques de recrutement liées à internet. Les employeurs « cherchent leurs candidatures dans un vivier » si bien qu' »il faut absolument être visible ». « Quelqu’un qui ne remplit son CV qu’à 60 % n’apparaît pas du tout, et cela c’est peu connu des demandeurs d’emploi, ajoute-t-elle. Elle estime aussi que « réseaux sociaux professionnels » pour la recherche d’emplois sont souvent « sous-utilisés ».

(1) Comment les employeurs recrutent-ils leurs salariés ?, étude parue en octobre 2017.

 

CAP 22 : la casse des services publics et de Pôle emploi

RAPPORT « CAP 2022 » ET ANNONCES GOUVERMENTALES CONCERNANT LE SPE :

Le gouvernement a tout fait pour garder secret le plus longtemps possible le fameux rapport CAP 22 qui vise ni plus ni moins à dynamiter toute la fonction publique en réalisant au passage une « belle économie » de 30 milliards d’euros !

Le rapport « Cap 2022 » impacte fortement le service public de l’emploi. Des mesures visent Pôle emploi et ses effectifs mais également les autres acteurs du service public de l’emploi. Ces mesures sont résumées dans un article des Echos : lesechos18072018

Elles sont mortifères pour le service public, nos missions et nos emplois.

La CGT Pole emploi et la FOS ont immédiatement réagi par un communiqué de presse,  et  la CGT Missions locales par un flash info dans son réseau.

Communiqué de presse CGT PE

Communiqué de presse FOS

Flash CGT Mission Locale

Ci-joints le rapport « Cap 2022 », ainsi que le rapport du cabinet DEGEST pour le CE IDF mettant en lumière la baisse programmée des effectifs de Pôle emploi :

Rapport CAP 2022

Rapport DEGEST CE IDF

Par ailleurs, un dossier complet sur CAP 2022 est disponible sur le site de l’UFSE-CGT :

http://www.ufsecgt.fr/spip.php?rubrique801

Pour se faire peur et entrevoir à quoi ressemblera Pôle emploi dans quelques années, cliquer sur le lien suivant : https://www.20minutes.fr/economie/2311015-20180720-rapport-cap-2022-quoi-ressemblera-pole-emploi-quelques-annees

Le projet de ce gouvernement est clair : en finir avec la Sécurité sociale, nos droits sociaux et nos services publics.

La défense des services publics, de NOS services publics est notre affaire à tous, alors dès à présent il nous faut préparer la rentrée sociale ! Nous ne les laisserons pas faire !