Pôle emploi perd son ADN

Dans sa course à la dématérialisation, Pôle emploi revoit  son  organisation,  quitte  à  sacrifier ses métiers de base : l’accompagnement et l’indemnisation.
La digitalisation à Pôle Emploi pose des problèmes parce que les chômeurs ont tendance à être parmi les principales victimes de la fracture numérique. Mais tant pis pour eux, l’Etablissement fonce, on y va à fond sur les MSAP.
Alors qu’une loi oblige la Poste à conserver 17.000 points de contact, il n’existe pas une loi obligeant Pôle Emploi à conserver ses points de contact actuels…

Le 6 mars, des milliers d’agents de Pôle emploi ont manifesté en France. En cause notamment, le « Projet stratégique 2020 » de la direction qui mise sur le tout numérique, la poursuite de l’externalisation et de la privatisation des missions, la réorganisation permanente de l’accueil…
Des orientations qui remettent en cause les métiers et dégradent la qualité du service. Suivant ainsi une logique toujours plus poussée de mise à distance des demandeurs d’emploi via l’automatisation des procédures dès l’inscription, la fermeture des agences l’après-midi ou la segmentation des publics, selon que l’opérateur les estime plus ou moins éloignés de l’emploi. Un secteur, en particulier, est visé par l’accord de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, signé fin 2016 : celui de l’indemnisation.
« Petit à petit, le métier est vidé de son contenu », témoigne Patrick, conseiller depuis quinze ans. Une spécialisation jugée en décroissance : deux à trois mille agents sont priés de se reclasser dans l’accompagnement, d’ici deux ans. Engagé avec l’externalisation des activités à faible valeur ajoutée (saisie des bulletins de salaire ou des attestations employeur), le processus s’est poursuivi avec l’automatisation du calcul des droits. Problème, il suffit d’une erreur dans l’attestation de l’employeur ou dans le parcours renseigné par le demandeur d’emploi pour que cela fausse le montant de l’indemnité ou retarde le traitement du dossier. Générant des tensions, des rancœurs, parfois de la violence de la part des usagers.
Or, le risque d’erreur est élevé au regard du nombre important de personnes qui enchaînent les contrats précaires sous des statuts différents. « C’était plus simple quand on recevait les gens. On les questionnait sur leurs emplois,  on  savait  quels  documents étaient nécessaires pour traiter leur dossier et calculer leur taux au mieux. Là, la machine ou l’employé de l’entreprise sous-traitante ne peut pas le deviner s’il n’a pas été formé », explique Jacques, d’une agence de Lyon.
Deux logiques semblent  prévaloir :  l’une  selon  laquelle le demandeur d’emploi serait responsable du chômage et l’autre qui voudrait que l’action du conseiller se mesure  à  l’aune  d’une  performance individuelle.  « Le  contact  humain,  les notions de projet, de démarche partagée, qui sont au cœur de la relation entre le  conseiller  et  le  demandeur  d’emploi, tendent  à  s’effacer »,  déplore  Nadine, formée à la double compétence. « Sur l’indemnisation, on gère les attentes. On tente de voir ce qui bloque les dossiers. Sur l’accompagnement, cela se résume à fournir de la main-d’œuvre aux secteurs en tension. C’est frustrant. » Le comble étant  Bob  emploi,  une  plateforme  de données censée proposer un accompagnement sur mesure, qui se révèle être un banal moulin à statistiques.
« Je suis entrée à l’époque de l’ANPE avec l’envie de travailler auprès de gens en difficulté, de les écouter, d’envisager avec eux les réponses adaptées à leur situation, se souvient Valérie. Aujourd’hui, tout est fait pour casser l’outil Pôle emploi et se passer des conseillers. La direction considère qu’elle gère des clients. Et se dit à leurs côtés pour réussir. Mais tout ça est de plus en plus virtuel. »

Cliquer ici pour lire un extrait d’un rapport conjoint IGF-IGAS (Inspection Générale des Finances, Inspection Générale des Affaires Sociales) de février 2017.

Accord QVT: de qui se moque le DG ?

Pourquoi proposer un accord Qualité de Vie au Travail ?
Que sont les « observations de la relation de service » ?
De qui se moque le DG qui, comme d’habitude s’assoit sur l’avis des représentants du personnel, exprimé en Comité Central d’Entreprise le 2 mars 2017 ?

Pour lire le tract cliquer ici

Trajectoire GDD: malgré les expertises, la Direction déroule son plan social interne…

Les expertises dans les trois territoires ont été rendues, les CHSCT et le CE consultés. A l’issue de ces consultations la conception que se fait l’Etablissement du « dialogue social » est particulièrement claire: la Direction s’assoit sur les préconisations de l’expert, les résolutions, les déclarations et les votes des élus. Elle déroule son plan social interne comme si de rien n’était.

Suite aux expertises, la preuve est faite que l’activité GDD n’a pas décru depuis la mise en place de NPDE. Bien au contraire les dysfonctionnements massifs de la digitalisation causent un surcroît de travail pour les agents GDD qui doivent réparer les erreurs signalées par les demandeurs d’emploi. Tout laisse à penser que de nombreuses erreurs de la digitalisation ne sont pas détectées, ce qui amène des privés d’emploi à être lésés dans leurs droits.
Les agents GDD doivent pouvoir effectuer correctement le travail pour lequel ils ont été recrutés et formés, et ce dans les meilleures conditions pour eux et pour un résultat de qualité au bénéfice des usagers.
Aucune machine ne pourra jamais remplacer des agents formés, et expérimentés.
Le rapport conjoint de l’IGAS et de l’Inspection Générale des Finances publié récemment reconnaît que la majorité des demandeurs d’emploi sont en difficulté par rapport à la digitalisation. De façon surprenante, il ne recommande pas d’y mettre fin ni même d’y surseoir. En revanche il nous donne une des clés pour comprendre pourquoi la digitalisation nous est imposée à marche forcée. D’une certaine façon, les agents et les usagers de Pôle Emploi subissent les conséquences d’un détournement de la loi postale de 2010. En effet, cette loi impose à la Poste de conserver ses 17.000 points de contact. Or la Poste cherche à réduire sa masse salariale et ses coûts immobiliers, y compris en faisant financer les salaires des postiers et les locaux qu’elle occupe par d’autres organismes. C’est la raison pour laquelle des bureaux de poste sont transformés en Maison de Service au Public, délivrant un ersatz de service public aux usagers les plus en difficulté avec la digitalisation.
Dès lors on comprend mieux la cohérence des différents chantiers à Pôle Emploi : premièrement contraindre les usagers qui le peuvent à gérer eux-mêmes leur dossier sur internet, deuxièmement confier aux agents des MSAP la saisie des informations concernant les usagers n’utilisant pas internet. La logique d’ensemble, même si elle présente actuellement de nombreux ratés, est bien d’ôter du travail aux agents Pôle Emploi. Le prix à payer est une dégradation importante du service rendu aux privés d’emploi.
Nous ne nous faisons aucune illusion sur les promesses de revoir le plan de restructuration interne – sur lequel nous avons à nous prononcer aujourd’hui – au cas où la baisse d’activité ne serait pas celle qui a été prévue. Les expertises prouvent que la baisse d’activité n’est pas au rendez-vous suite à la mise en place du Nouveau Parcours du Demandeur d’Emploi, pourtant la Direction ne révise pas ses chiffres. Nous ne nous faisons pas d’illusion non plus sur la promesse d’en rester au volontariat. La pression déjà mise sur les agents GDD et double-compétents pour qu’ils se déterminent en fonction de la cible déterminée par les Directions Régionales et Générale prouve que cette promesse n’engagera que celles et ceux qui feraient l’erreur d’y croire.
La CGT Pôle Emploi Grand Est a voté contre le volet 2017 du plan de restructuration interne mis à l’ordre du jour du Comité d’Etablissement sous l’intitulé « trajectoire d’évolution de l’activité indemnitaire de l’établissement Grand-Est ».

Après les GDD, à qui le tour ?

Pour lire le tract « Menu trajectoire GDD », cliquer ici

Pour lire l’expertise territoire Alsace, cliquer ici

Pour lire l’expertise territoire Champagne-Ardenne, cliquer ici

Pour lire l’expertise territoire Lorraine, cliquer ici

 

Trajectoire GDD présentée en CE le 26 janvier 2017 : la CGT prend l’initiative pour la défense des agents

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Après  avoir lu une déclaration (cliquer ici pour la lire) et demandé une suspension de séance, la CGT vient de réussir à faire l’unanimité des élus pour exiger que le point « Evolution trajectoire GDD » à l’ordre du jour du CE d’aujourd’hui fasse l’objet d’un CE extraordinaire d’une journée, jeudi prochain 2 février.

En revanche, faute d’unanimité trouvée auprès des élus des autres organisations syndicales, le retrait du point de l’ordre du jour d’aujourd’hui n’a pu être obtenu.

La consultation est prévue pour fin février.

Comme vous pourrez le constater à la lecture du document présenté en CE par la Direction (cliquer ici pour le lire), c’est un véritable « plan social interne » sur l’activité GDD, comme on pouvait le prévoir après l’accord GPEC.

C’est là une conséquence logique et directe du funeste accord GPEC que la CGT se félicite de ne pas avoir signé.

Pour lire le tract, cliquer ici 

       Plus que jamais, mobilisez-vous !

Rejoignez la journée d’action et de grève intersyndicale du 6 mars 2017 !

 

« Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu »

(B. Brecht)

GPEC: un accord inacceptable

La CGT Pôle-Emploi a décidé de consulter ses adhérents conformément aux règles de démocratie interne : ceux-ci se sont prononcés à une écrasante majorité pour le refus de signer l’accord GPEC.

A travers cet accord la DG vise à:
-faciliter la mise en oeuvre de Pôle Emploi 2020 et OSSPP,
-faciliter la segmentation des activités de conseil,
-faciliter l’hyper spécialisation des conseillers et la laisser à la main des ELD,
-réduire les effectifs GDD sous prétexte de baisse de charge et de gains de productivités qu’il a été impossible de se voir démontré, la DG considérant son affirmation comme un état de fait qui ne peut être remis en cause.
-poursuivre l’installation du Lean Management à Pôle Emploi,
-favoriser un transfert maximal sur le numérique et la dématérialisation.

Pour la CGT Il est indispensable de combattre ces orientations et non de les accompagner : une prime pour faire accepter la disparition de mon emploi, non merci !

Pour lire le tract CGT Pôle emploi national, cliquer ici

Pour lire le tract CGT Lorraine, cliquer ici

Pour lire le tract CGT Champagne-Ardenne, cliquer ici

Pour lire la synthèse 4 pages sur l’accord GPEC, cliquer ici

Tous les adhérents de la CGT Pôle-emploi France ont été consultés (1 syndiqué = 1 voix) pour savoir si la CGT devait ou non faire valoir son droit d’opposition dans le but de faire tomber l’accord GPEC bien qu’il ait été valablement signé.
Les adhérents de la CGT Pôle-emploi Grand Est ont voté majoritairement CONTRE l’utilisation de ce droit d’opposition.
Toutefois, la consultation nationale a montré que les adhérents CGT étaient majoritairement POUR le droit d’opposition à 74%.
Aussi, la CGT a fait valoir ce droit dans le respect de la décision de ses adhérents.
La portée de cette décision reste limitée puisqu’il n’y a que la CGT et FO qui sont pour cette action, les 50% minimum requis pour faire tomber l’accord n’étant pas réunis.
L’accord GPEC va donc s’appliquer, pour votre plus grand malheur.
Car nous le rappelons une fois de plus, aujourd’hui ce sont nos collègues de l’indemnisation qui sont sur le grill, mais tous les agents vont y passer, soyez-en assurés.
Nous sommes, depuis déjà longtemps, dans une période où le dialogue social est mis à mal par la Direction Générale, mais aussi par des organisations syndicales qui signent des accords au rabais.
Il n’y a pas de rapport de force suffisant pour négocier un accord digne de ce nom équitable pour toutes les parties.
Par « rapport de force » nous n’entendons pas « conflit », mais juste un réel équilibre entre les forces en présence qui négocient.

En effet, que constate-t-on aujourd’hui ?
=> La Direction Générale sait qu’elle a devant elle des organisations syndicales prêtent à signer tout et n’importe quoi.
=> De fait, la Direction Générale va proposer un accord a minima pour ces organisations syndicales sans se préoccuper des autres. Elle dira que « c’est ça ou rien ».
=> Enfin, ces organisations syndicales signeront et reviendront vers les agents en leur disant que « c’est mieux que rien ».

La CGT, elle, est pour un vrai dialogue social qui permette à toutes les parties négociatrices des accords d’être gagnantes, et à travers elles, les agents de Pôle emploi.

15 septembre 2016: mobilisation nationale contre la Loi Travail. Le retrait c’est possible !

Les organisations (CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL) donnent rendez-vous à l’ensemble des salarié-es, privé-es d’emploi, étudiant-es, lycéen-es, retraité-es pour une journée d’actions et d’initiatives le 15 septembre partout en France pour obtenir l’abrogation de la loi Travail et conquérir de nouvelles garanties et protections collectives.
Le sondage Odoxa-FTI paru le 18 juillet, relève que 7 français sur 10 sont « mécontents de l’adoption définitive du projet de loi travail » et plus de la moitié d’entre eux « souhaite que les manifestations contre le texte se poursuivent ».
Après un passage éclair devant le Conseil constitutionnel, la Loi Travail est promulguée en pleine période estivale, sans jamais avoir été votée, François Hollande ayant eu recours à trois reprises au 49-3 !
Notre responsabilité est bien de continuer à rassembler, à organiser, à impulser toute la force nécessaire pour en finir avec les régressions sociales et pour gagner de nouveaux droits. La CGT va donc poursuivre les actions, notamment dès le 15 septembre prochain, journée de mobilisation nationale, contre la Loi Travail, pour la réduction du temps de travail, l’aumgmentation des salaires et la lutte contre la précarité.
D’ores et déjà, la CGT appelle donc tous les salariés à se mobiliser, à se rassembler, à s’organiser pour continuer cette mobilisation à la rentrée.

Lien vers le site de la CGT et la vidéo sur la mobilisation sur la Loi Travail: cliquer ici

Cliquer ici pour accéder au tract Pôle-Emploi: imprimez-le, distribuez-le et parlez-en avec vos collègues…