Chiffres du chômage: toujours pas de baisse… de la précarité

La ministre du Travail ne commente plus les chiffres du chômage, elle a même changé le thermomètre pour ne plus commenter les chiffres des inscrits à Pôle Emploi qui sont pourtant terriblement graves. 
Le chômage ne baisse globalement pas, ni en métropole, ni en Outre-mer. La catégorie A augmente même de 0,1 %, entre le premier et le deuxième trimestre, à plus de 3,2 millions de chômeurs n’ayant pas pu travailler du tout. 
Mais, les chiffres des catégories B et C sont tout aussi terribles : les travailleurs précaires, visés par la double peine de leur précarité forcée et de la baisse des allocations (quand ils en bénéficient) sont désormais 2 222 600, en augmentation de 4,3% sur un an. 
Le président Macron a lui-même annoncé une nouvelle négociation pour faire plaisir au nouveau président du Medef et éviter, ainsi, toute surcotisation patronale sur les contrats courts. Le gouvernement entend également fondre dans l’assurance chômage certains minima sociaux comme l’ASS (allocation spécifique de solidarité, ouverte dans certains cas aux chômeurs en fin de droit). 
On admire le double discours : officiellement, il s’agit de créer une allocation pour chômage de longue durée, alors que le gouvernement entend en réalité économiser 2,4 milliards d’euros de prestations sociales. 
La politique menée depuis des années conduit à la destruction des emplois et de la protection sociale : Macron cherche à faire croire que la potion libérale n’a pas été efficace parce qu’elle n’a pas été assez forte…
Exigeons une politique de relance et soyons vigilants, dès la rentrée, lorsque les négociations assurance chômage reprendront en septembre !

Revalorisation des allocations chômage: malgré l’unité des organisations syndicales, le patronat bloque une vraie augmentation

Le conseil d’administration de l’Unedic du 29 juin 2018 a abordé, comme chaque année, la revalorisation des allocations chômage.
La CGT a rappelé que seuls 42,8% des demandeurs d’emploi sont indemnisés. Cela nécessite de revoir complètement les règles d’indemnisation et d’instaurer enfin une sécurité sociale professionnelle, pour assurer un revenu de remplacement pour toutes et tous.
Notre délégation a également rappelé que la très grande majorité des demandeurs d’emploi indemnisés le sont à un niveau d’indemnisation faible. Ainsi, 37,6% des chômeurs, soit 3 millions de personnes, se situent en dessous du seuil de pauvreté.
De plus, nous continuons de dénoncer l’augmentation de la précarité, encore démontrée par les chiffres du chômage de mai, fruit de la politique de flexibilisation de l’emploi voulue par les différents gouvernements et le patronat.
Dans un contexte de remise en cause des droits des salariés privés d’emploi par la loi cyniquement appelée « liberté de choisir son avenir professionnel » et d’annonces de remise en cause des minima sociaux par le gouvernement, la CGT a demandé d’augmenter toutes les allocations de 4 euros par jour, ce qui correspond à un (petit) repas moyen.
Après une interruption de séance et une nouvelle demande unitaire minimale des organisations syndicales d’une augmentation à 1%, le patronat, parti de 0,3%, est resté bloqué à 0,7%. Cela ne correspond qu’à un trimestre d’augmentation des prix !
Les organisations syndicales se sont abstenues pour ne pas risquer de rester à 0% de revalorisation.
La CGT salue les demandeurs d’emploi et travailleurs précaires qui se sont mobilisés et dénonce l’attitude du patronat, emmené par le Medef, qui continue de baisser en euros constants les allocations, comme il empêche l’augmentation nécessaire des salaires !

Assurance-Chômage: le tacle du Conseil d’Etat

Le Conseil d’Etat a censuré des articles majeurs du volet assurance-chômage relatif au projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel ». Il rappelle notamment que la cotisation est le socle du financement de la protection sociale et demande à l’exécutif de s’interroger sur son remplacement par l’impôt. Il juge aussi illégale la nouvelle définition de l’offre raisonnable d’emploi.

Refusons la mort de l’assurance chômage : signons la pétition !

L’assurance chômage est une protection sociale, arrachée de haute lutte au patronat, au même titre que l’assurance maladie ou encore l’assurance vieillesse. Avec la CGT, je refuse la mort de l’assurance chômage et je m’engage pour la reconquête de notre sécurité sociale, universelle, financée par nos cotisations sociales.

Signez la pétition, en cliquant sur le lien suivant:

https://www.mesopinions.com/petition/social/monsieur-president-republique-chomeurs-marche/40907

Pour lire l’accord national interprofessionnel du 22 février 2018 relatif à la réforme de l’assurance chômage, cliquer ici

Le gouvernement veut durcir le contrôle des chômeurs

Des sanctions plus sévères, voilà la réponse qu’envisage le gouvernement dans le cadre de la future réforme de l’assurance chômage, selon le Canard enchaîné qui cite une note confidentielle du ministère du Travail.

Actuellement, en cas de recherche d’emploi insuffisante ou de refus de formation, un chômeur peut voir son allocation réduite de 20% pendant deux à six mois. En cas de manquement répété, l’allocation baisse de moitié pendant deux à six mois, voire est supprimée définitivement. En cas de refus à deux reprises d’une offre raisonnable d’emploi, l’allocation est suspendue pendant deux mois. Si le refus se répète, elle peut être supprimée pendant deux à six mois, voire définitivement.

Selon la note citée par l’hebdomadaire, une recherche insuffisante, un refus de formation ou un refus de deux offres d’emploi jugées raisonnables, entraînerait une réduction des allocations de 50% pendant deux mois. En cas de récidive, elles seraient supprimées pour une durée de deux mois.

En outre, chaque demandeur d’emploi devra remplir un «rapport d’activité mensuel», listant l’ensemble des démarches effectuées pour favoriser son retour à l’emploi, selon cette note rédigée par Antoine Foucher, directeur de cabinet de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, et ancien cadre du Medef. Pierre Gattaz, numéro un du Medef, avait suggéré en octobre un contrôle «journalier», «hebdomadaire» ou «mensuel» des demandeurs d’emploi, suscitant un tollé.

La négociation sur la réforme de l’assurance chômage doit débuter le 11 janvier et s’achever mi-février. Les partenaires sociaux prévoient de négocier, entre autres, du contrôle des chômeurs, un sujet sur lequel le gouvernement souhaitait initialement garder la main. Dans le document d’orientation envoyé mi-décembre aux syndicats et au patronat pour cadrer la négociation, le ministère du Travail explique qu’il «proposera»une réforme «du barème et des modalités de sanctions dans les semaines qui viennent».

«Cette réforme permettra de moderniser les règles relatives à la proposition d’une offre raisonnable d’emploi. Elle sera génératrice d’une meilleure application des règles et d’un accompagnement plus efficace des demandeurs d’emploi», souligne la note. Le 22 novembre, Pôle Emploi a dressé le premier bilan du contrôle des chômeurs, entamé fin 2015 : 269.000 contrôles ont abouti à 14% de sanctions.

 

Sources: Libération et AFP

Le Canard Enchaîné dénonce: les opérateurs privés de placement font les poches de Pôle emploi

Dans un article paru dans l’édition du 22 novembre 2017 intitulé « Les trous du fromage de l’aide aux chômeurs », le Canard Enchaîné a écrit sur les opérateurs privés de placement (OPP) et notamment sur le rapport juteux de la prestation Activ’Emploi.

D’après le Canard, les OPP se sont partagé 90 millions d’euros pour répondre à l’ambition de la DG de reclasser jusqu’à 70% des « bénéficiaires » de la prestation après 4 mois de suivi.

Seize mois plus tard, la DG n’a pas communiqué les résultats mais, d’après les chiffres transmis au Canard Enchaîné, 308 000 chômeurs auraient bénéficié de la prestation et 58% d’entre eux auraient retrouvé un emploi.. au bout de 12 mois.

Sauf que la proportion de chômeurs retrouvant un emploi sans avoir « bénéficié » de cette prestation est de 55,3% ! Près d’une centaine de millions d’euros auraient donc été dépensés pour une baisse du chômage minime

Devant le peu de prescriptions d’Activ’Emploi (les OPP sont payés au résultat), certains organismes menacent de licencier et certains directeurs n’hésitent pas à menacer leurs agents de sanction s’ils ne prescrivent pas assez.

La totalité de l’article « Les trous du fromage de l’aide aux chômeurs » est à retrouver en cliquant sur le lien ci-dessous :

Article Canard Enchaîné