Fusion Missions Locales / Pôle emploi : l’accompagnement des jeunes sacrifié sur l’autel du libéralisme

Nées en 1982, les missions locales accompagnent les jeunes en prenant en compte la globalité de leur situation. Cet accompagnement est régulièrement plébiscité par les jeunes lors d’enquêtes de satisfaction.

Saluées, encouragées reconnues, par les Gouvernements précédents, que ce soit en 2005, où elles intègrent le Code du Travail, en 2009, où elles sont reconnues comme le pivot de l’accompagnement des jeunes, ou bien en 2013 quand on leur confie la Garantie Jeunes et le CEP, par exemple.

Macron est aveuglé par un libéralisme dont les volontés sont de rompre avec l’Etat Nation, et d’attaquer notre sécurité sociale pour en finir avec le programme du Conseil National de la Résistance. Son gouvernement poursuit une politique néfaste pour toutes les couches de la population que ce soit les retraités, les privés d’emploi, les plus pauvres et désormais les jeunes.

Ainsi en Juillet 2018, une idée saugrenue autant que déraisonnable a germé au sein du pouvoir en place en même temps que le projet CAP 22 visant à détruire nos services publics : Expérimenter localement des fusions entre Pôle Emploi et les missions locales. Et ce, au moment où des milliers de postes seront supprimés dans les prochaines années à Pôle Emploi !

Une note DGEFP/Pôle Emploi motive ce projet en en donnant le mode d’emploi. Il s’agit de renforcer la coordination entre les acteurs du Service Public de l’Emploi (SPE). De mieux articuler l’accompagnement des jeunes entre pôle emploi et les missions locales. Cette transformation doit se réaliser en profondeur précise la note, qui indique aussi que Pôle Emploi sera également l’interlocuteur de la Missions Locale en matière de dialogue de gestion en lieu et place de l’Etat (via ses Direccte).

Nul n’est dupe. Derrière tous ces termes se cache une dissolution du réseau des Missions Locales au sein de Pôle Emploi. Les savoir-faire et les métiers des missions locales ce n’est pas que l’emploi, ni le « job first » imposé par la DGEFP aux missions locales et aux jeunes dans le cadre de la Garantie jeunes. Le métier des missions locales, nos missions de service et d’utilité publics c’est l’accompagnement global des jeunes, non seulement vers l’emploi, mais également leur autonomie, mais aussi vers la citoyenneté.

Fusionner Pôle Emploi et les Missions Locales c’est tout simplement supprimer les missions locales mais également l’accompagnement global des jeunes (plus d’1 million de jeunes chaque année). Ces fusions disparition vont également signer le désengagement de l’Etat dans le financement des missions locales.

La CGT Missions Locales dénonce et rejette cette politique du gouvernement Macron qui n’a jamais eu de programme politique en direction de la jeunesse (Il n’est qu’à lire les 19 propositions du candidat Macron pour s’en rendre compte).

Les missions locales sont et resteront le pivot de l’accompagnement global des jeunes mis en difficulté. Macron méprise la jeunesse et il ne la voit pas ! La CGT Missions locales demande l’abandon de ce projet de fusion Pôle Emploi / Missions Locales et se joindra à toutes initiatives allant dans ce sens.

C’est la raison pour laquelle la CGT propose que soit créée une Agence Nationale pour l’Accompagnement et l’Insertion des Jeunes. Cette agence permettra entre autres de sécuriser les financements, une égalité de traitement sur l’ensemble du territoire, d’être l’outil d’une réelle politique d’insertion jeunesse, de renforcer le réseau de l’accompagnement et de l’insertion des jeunes.

Menaces sur nos emplois et sur Pôle emploi

La CGT avait mis en garde le personnel depuis longtemps. Selon certains syndicats nous exagérions et agitions des peurs inutiles… mais comme souvent, le temps donne raison à nos analyses.

Ainsi le Directeur Général a annoncé dans le cadre d’une convention des « managers » la suppression de 4000 postes d’ici 2022. Madame Pénicaud, Ministre du Travail, justifie sur France Inter ces suppressions d’emplois.
En effet, la Direction Générale de Pôle emploi applique à la lettre les préceptes définis par le gouvernement dans le cadre de son projet CAP 2022 pour toute la fonction publique : restrictions budgétaires, diminutions de postes (120 000 d’ici 2022) et plan de départs volontaires, accroissement du recours à des contrats courts et à la précarité, abandon de missions publiques – privatisations – transfert de missions aux Collectivités Territoriales.
Pire, le projet de loi de programmation des finances publiques 2018-2022 prévoit une baisse de 4 Mds d’euros du budget du Ministère du Travail dont dépend Pôle emploi.
Enfin, le budget de l’UNEDIC va être réduit suite à l’annonce de la suppression des
cotisations sociales salariales d’assurance chômage transférées vers la CSG. Or les recettes de l’UNEDIC, depuis la création de Pôle emploi, participent à hauteur de 70 % au budget de Pôle emploi !
Le gouvernement a annoncé combler de façon temporaire ce manque à gagner en
transférant les recettes issues de la CSG vers le budget de Pôle emploi mais dans le même temps l’État baisse de 50 millions sa dotation à Pôle emploi !
L’avenir même de Pôle emploi comme opérateur public de l’État est menacé.
Dès cette année, les emplois supprimés – 297 Équivalents Temps Plein Travaillés et 1380 Contrats aidés (qui exerçaient des activités d’agents titulaires) – impactent fortement le réseau des agences de proximité, accroissent la dégradation continue de nos conditions de travail, réduisent nos missions au service des besoins des usagers. Le « recrutement » de 3200 collègues en Service Civique, travailleurs précaires sans contrat de travail et non salariés de Pôle emploi, ne sauraient palier des emplois de titulaires qualifiés.
Le transfert de 800 conseillers supplémentaires de l’accompagnement vers les missions de contrôle des chômeurs (déjà en discussion au Comité Central d’Etablissement) – associé à la mise en œuvre d’une Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences qui a réduit considérablement notre mission d’indemnisation (40 % des conseillers en charge d’une mission d’indemnisation ont dû cesser cette activité) témoignent d’une volonté gouvernementale de démanteler Pôle emploi vers plus de privatisation ou de régionalisation et notamment nos missions auprès des usagers : conseil et accompagnement des travailleurs privés d’emploi et des entreprises.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a demandé à l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) de réfléchir à une « méthodologie robuste » permettant « d’indexer » d’éventuelles baisses d’effectifs de Pôle emploi sur une « décrue constatée du chômage ».

Gageons que ce n’est que le début. Seule une mobilisation massive pourra faire reculer le gouvernement.

Projet « 0 chômeurs » : premier bilan

L’expérimentation « Territoires zéro chômeurs de longue durée » mise en place depuis la loi du 29 février 2016 au sein de 10 microterritoires, a permis de sortir du chômage 420 personnes soit, en équivalent temps plein, 353,5 postes créés. Pour rappel, un total de 2000 CDI est envisagé à l’horizon 2021, pour un budget de 15 millions d’euros.

La CGT insiste sur la nécessité de proposer de véritables emplois aux chômeurs de longue durée.

Toutes et tous en grève le 22 mars !

POUR LES MISSIONS DE SERVICE PUBLIC, L’EMPLOI, LE POUVOIR D’ACHAT,
LA PROTECTION SOCIALE COLLECTIVE TOUTES ET TOUS MOBILISE-E-S LE 22 MARS.
Les 7 fédérations de fonctionnaires appellent à la mobilisation.

Et POLE EMPLOI, opérateur public, ne sera pas épargné.
La spirale de suppression de postes est bien en route et nous sommes  tous concernés par cette réduction des effectifs, à plus ou moins long terme, ou plutôt court terme.
Alors le 22 mars, montrons, par le nombre d’agents en grève, que nous ne les laisserons pas faire sans réagir, sans agir.

Pour lire l’appel intersyndical à la grève du 22 mars, cliquez ici