Chiffres du chômage: toujours pas de baisse… de la précarité

La ministre du Travail ne commente plus les chiffres du chômage, elle a même changé le thermomètre pour ne plus commenter les chiffres des inscrits à Pôle Emploi qui sont pourtant terriblement graves. 
Le chômage ne baisse globalement pas, ni en métropole, ni en Outre-mer. La catégorie A augmente même de 0,1 %, entre le premier et le deuxième trimestre, à plus de 3,2 millions de chômeurs n’ayant pas pu travailler du tout. 
Mais, les chiffres des catégories B et C sont tout aussi terribles : les travailleurs précaires, visés par la double peine de leur précarité forcée et de la baisse des allocations (quand ils en bénéficient) sont désormais 2 222 600, en augmentation de 4,3% sur un an. 
Le président Macron a lui-même annoncé une nouvelle négociation pour faire plaisir au nouveau président du Medef et éviter, ainsi, toute surcotisation patronale sur les contrats courts. Le gouvernement entend également fondre dans l’assurance chômage certains minima sociaux comme l’ASS (allocation spécifique de solidarité, ouverte dans certains cas aux chômeurs en fin de droit). 
On admire le double discours : officiellement, il s’agit de créer une allocation pour chômage de longue durée, alors que le gouvernement entend en réalité économiser 2,4 milliards d’euros de prestations sociales. 
La politique menée depuis des années conduit à la destruction des emplois et de la protection sociale : Macron cherche à faire croire que la potion libérale n’a pas été efficace parce qu’elle n’a pas été assez forte…
Exigeons une politique de relance et soyons vigilants, dès la rentrée, lorsque les négociations assurance chômage reprendront en septembre !

Concertation de la classification agents publics

Lundi 16 juillet se tenait la dernière réunion de concertation de la classification des agents publics. Vous trouverez ci-dessous la déclaration préalable que nous avons faite en préalable ainsi que le compte rendu de cette séance:

Compte rendu: Concertations 2018 07 16

Déclaration: Declaration CGT 16.7.2018

Comme vous pourrez le lire dans le compte rendu, nous sommes en attente des derniers arbitrages de la DG notamment sur l’amplitude des emplois.

La DG va envoyer aux organisations syndicales l’ensemble des textes afférents à cette classification (projets de décrets 2003 et indemnitaires avec les arrêtés correspondant, projet de décision DG notamment sur les changements de grade etc) .

La DG souhaite recueillir formellement les positions des organisations syndicales ayant participé à la concertation avant d’envoyer les projets de décrets et d’arrêtés au guichet unique (ministères) le 17 septembre au plus tard. Ces avis seront également remis au guichet unique.

Même si nous ne sommes pas dans une négociation mais dans une concertation, même s’il n’y a pas une signature à apposer mais un avis à donner, nous sommes dans le même processus de consultation que lorsque il s’agit d’un accord à signer.

L’ensemble des syndiqués CGT Pôle emploi sera donc consulté pour savoir si nous donnons ou pas un avis favorable à ce projet.

Quand le CEP tourne court et qu’on se moque des demandeurs d’emploi…

Le conseil en évolution professionnelle (CEP) est un dispositif d’accompagnement gratuit et personnalisé proposé à toute personne souhaitant faire le point sur sa situation professionnelle et, s’il y a lieu, établir un projet d’évolution professionnelle (reconversion, reprise ou création d’activité…). Il permet d’élaborer, le cas échéant, un parcours de formation et son plan de financement.

Les restrictions budgétaires qui frappent le service public de l’emploi sont autant de boulets de canon chauffés au rouge qui transpercent la voilure des ambitions du CEP. Et en plus, on nous enjoint de mentir aux demandeurs d’emploi comme l’atteste cet extrait tiré d’un mail adressé par un DAPE de Lorraine à ses agents:

« La DT nous demande de quasiment stopper les AIF, car nous avons donc utilisé presque la totalité de notre budget AIF.(…) Nous n’accepterons donc plus de demandes, en dehors de celles qui ont été identifiées lors du PPAE.
(…) Nous ne pouvons mettre en avant notre dotation budgétaire pour refuser un financement. Comme dans la mesure où dans quasiment 100% des cas, c’est le DE qui arrive avec sa demande, vous répondez qu’on ne finance pas car la formation n’est pas prévue au PPAE. »

 

Sans commentaire…

« Voiler une faute sous un mensonge, c’est remplacer une tache par un trou ».
John Petit-Senn

La galère des chômeurs qui ne maîtrisent pas internet

Voici un intéressant article publié sur LExpress.fr le 25 juillet 2018:

Utiliser une appli pour trouver un job, scanner son CV ou même s’inscrire à Pôle emploi est ardu pour beaucoup de demandeurs d’emploi.

Mauvaise maîtrise des outils, absence d’équipement (smartphone, ordinateur…) ou problème d’accès internet. Au total, 14 millions de Français sont « éloignés du numérique », estime France Stratégie, institut rattaché à Matignon, dans un rapport publié début juillet intitulé « les bénéfices d’une meilleure autonomie numérique« . Et il y a parmi eux une surreprésentation des plus âgés, des ouvriers, des personnes peu diplômées et des « sans activité professionnelle. »

Problème : depuis 2016, l’inscription à Pôle emploi se fait obligatoirement par internet. Conséquence: à l’agence du centre-ville de Roubaix, six jeunes en « service civique » se relaient à l’accueil pour aider les demandeurs d’emplois dans leurs démarches. L’agence travaille aussi avec l’association « Emmaüs connect » pour les chômeurs les plus éloignés du numérique et met en place des ateliers spécialisés, explique à l’AFP sa directrice, Zhora Elbasri.

D’après une étude de l’opérateur public, une personne sur cinq se déplace physiquement pour s’inscrire et 28% au total ont eu besoin d’une aide, qui peut se faire aussi par téléphone. « Certains n’ont pas d’ordinateur, ou ne sont pas sûrs d’avoir bien scanné un document », illustre Tarik, 21 ans, en service civique depuis juin à Roubaix.

« Etre absolument visible »

Des demandeurs ont besoin de « quelqu’un pour les aider », voire qu’on écrive les mails « à leur place », détaille Rose-Marie Péchallat, ancienne conseillère Pôle emploi. Une démarche qui est loin d’être aisée. « C’est une certaine humiliation de venir, de dire  »Moi je veux qu’on m’aide » ou  »Je ne comprends rien à ce qu’on me dit » », décrit celle qui aide depuis plusieurs années les chômeurs en difficulté avec l’opérateur, grâce à un forum internet

S’inscrire à Pôle emploi n’est que le premier défi à relever quand on ne maîtrise pas internet. Selon une étude de la Dares (1), 41 % des établissements utilisent leur site web pour recueillir des candidatures. Et dans 45% des recrutements, internet a été directement mobilisé pour diffuser des annonces ou consulter des CVthèques. « Compte tenu du fait que 75% des emplois nécessitent au moins la maîtrise des compétences numériques de base, un individu a plus de chances d’avoir un emploi s’il maîtrise ces compétences que dans le cas contraire », rappelle France Stratégie.

Pour ne pas laisser certains chômeurs à quai, l’association « Solidarité Nouvelles face au Chômage » (SNC) a d’ailleurs mis en place des ateliers numériques. « Nous avons aussi beaucoup de seniors qui ont une adresse mail et qui ne s’en servent jamais », explique Hélène Cazalis, délégué générale adjointe. De surcroît, et même s’il ne faut « pas tout miser sur le numérique », il faut néanmoins comprendre les nouvelles logiques de recrutement liées à internet. Les employeurs « cherchent leurs candidatures dans un vivier » si bien qu' »il faut absolument être visible ». « Quelqu’un qui ne remplit son CV qu’à 60% n’apparaît pas du tout, et cela c’est peu connu des demandeurs d’emploi, ajoute-t-elle. Elle estime aussi que « réseaux sociaux professionnels » pour la recherche d’emplois sont souvent « sous-utilisés ».

(1) Comment les employeurs recrutent-ils leurs salariés?, étude parue en octobre 2017.

 

CAP 22: la casse des services publics et de Pôle emploi

RAPPORT « CAP 2022 » ET ANNONCES GOUVERMENTALES CONCERNANT LE SPE :

Le gouvernement a tout fait pour garder secret le plus longtemps possible le fameux rapport CAP 22 qui vise ni plus ni moins à dynamiter toute la fonction publique en réalisant au passage une « belle économie » de 30 milliards d’euros !

Le rapport « Cap 2022 » impacte fortement le service public de l’emploi. Des mesures visent Pôle emploi et ses effectifs mais également les autres acteurs du service public de l’emploi. Ces mesures sont résumées dans un article des Echos: lesechos18072018

Elles sont mortifères pour le service public, nos missions et nos emplois.

La CGT Pole emploi et la FOS ont immédiatement réagi par un communiqué de presse,  et  la CGT Missions locales par un flash info dans son réseau.

Communiqué de presse CGT PE

Communiqué de presse FOS

Flash CGT Mission Locale

Ci-joints le rapport « Cap 2022 », ainsi que le rapport du cabinet DEGEST pour le CE IDF mettant en lumière la baisse programmée des effectifs de Pôle emploi:

Rapport CAP 2022

Rapport DEGEST CE IDF

Par ailleurs, un dossier complet sur CAP 2022 est disponible sur le site de l’UFSE-CGT:

http://www.ufsecgt.fr/spip.php?rubrique801

Pour se faire peur et entrevoir à quoi ressemblera Pôle emploi dans quelques années, cliquer sur le lien suivant: https://www.20minutes.fr/economie/2311015-20180720-rapport-cap-2022-quoi-ressemblera-pole-emploi-quelques-annees

Le projet de ce gouvernement est clair : en finir avec la Sécurité sociale, nos droits sociaux et nos services publics.

La défense des services publics, de NOS services publics est notre affaire à tous, alors dès à présent il nous faut préparer la rentrée sociale ! Nous ne les laisserons pas faire !

Prise en compte des contrats aidés dans les effectifs: action judiciaire de la CGT et de Solidaires

Poursuivi par la CGT et Solidaires, l’État vient d’être condamné pour ne pas avoir inscrit dans le droit la prise en compte de ces travailleurs dans les effectifs des entreprises.

Voilà une belle éclaircie dans le ciel sombre des contrats aidés. Par jugement du 17 juillet 2018, le tribunal administratif de Paris vient de donner raison à la CGT et à Solidaires en condamnant l’État pour ne pas avoir transposé dans le Code du travail une directive européenne incluant les contrats aidés dans les effectifs des entreprises qui les emploient. Derrière son apparence technique, cette décision reconnaît implicitement ces travailleurs comme des salariés à part entière. Ce jugement leur permet surtout d’avoir accès à des droits qui leur étaient jusqu’alors déniés. Les effectifs s’accroissant d’autant, les entreprises peuvent se voir contraintes de se conformer aux seuils sociaux qui donnent droit à la constitution d’instances représentatives du personnel : délégués du personnel, comité d’entreprise, CHSCT et comité social et économique.

Pour les deux syndicats à l’origine de l’action, il ne s’agit pas d’une peccadille. « Alors que certaines entreprises peuvent compter des dizaines, voire des centaines de salariés en contrats aidés, elles n’en dénombrent qu’une poignée en CDI ou CDD classique, ce qui les prive de toute représentation du personnel », notent-ils dans un communiqué. De quoi fournir de nouveaux outils d’action à ces travailleurs dont les contrats dits « aidés », puisque partiellement pris en charge grâce à une aide financière publique, sont remis en cause par les coupes budgétaires gouvernementales. De 400 000 en 2016, leur nombre doit passer à 157 000 à la fin de 2018. Le programme de stabilité transmis fin avril par la France à la Commission européenne prévoit de poursuivre cette attrition au même rythme l’an prochain.

POUR SOLIDAIRES ET LA CGT, IL S’AGIT D’UNE TRANSPOSITION MINIMALISTE

La France a toujours renâclé à imposer aux employeurs de comptabiliser ces personnels dans leurs effectifs. Une directive européenne datant de 2005 le lui imposait pourtant bien pour « les apprentis, les titulaires d’un contrat initiative-emploi, d’accompagnement dans l’emploi et de professionnalisation ». En 2014, la CGT avait déjà porté la question de la non-conformité du Code du travail français au droit européen devant la Cour de justice de l’Union européenne. Cette dernière avait donné raison au syndicat. Mais cette condamnation n’a pas suffi à faire bouger l’État. D’où cette nouvelle procédure portée par la CGT et Solidaires. « Il aura donc fallu treize ans depuis la directive et huit années de combat syndical et judiciaire pour aboutir enfin à ce résultat, déplorent les deux organisations. Encore une fois, lorsqu’il s’agit d’appliquer les décisions ultralibérales de l’Union européenne, les gouvernements successifs sont au garde-à-vous. Mais lorsqu’il s’agit d’appliquer les règles protectrices des salariés, l’urgence se fait moins pressante… »

Cette nouvelle bataille judiciaire ne met pour autant pas fin au conflit avec l’État. Sentant le vent du boulet, le gouvernement a inséré l’article 46 dans son projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel, qui grave dans le Code du travail l’obligation d’« inscrire les titulaires de contrats uniques d’insertion dans le décompte des salariés d’une entreprise dans le champ relatif aux institutions représentatives du personnel ». Pour Solidaires et la CGT, il s’agit d’une transposition minimaliste : « Pour toutes les autres obligations liées à des seuils, ces salariés ne sont pas pris en compte (désignation de délégué syndicaux, établissement d’un plan de sauvegarde de l’emploi, montant des indemnités en justice en cas de licenciement illicite, négociations obligatoires…) ».

Stéphane Guérard (L’Humanité)